Le secteur de l’agriculture, du développement rural et de la pêche s’achemine vers l’arrêt de la subvention de l’orge et la mise en place d’un système moderne de points d’approvisionnement en aliments de bétails dans les régions d’élevage, a indiqué dimanche à Alger le ministre, Cherif Omari.

Dans une déclaration à la presse en marge de la réunion de coordination et de concertation sur le développement et la promotion de la production des viandes rouges et l’amélioration du dispositif d’élevage et d’alimentation du bétail, le ministre a fait état de mesures prises par les autorités publiques en réponse à la volonté des éleveurs « qui ne constatent pas l’efficacité de cette subvention, puisque ils n’en bénéficient pas directement ».

Les éleveurs plaident pour l’arrêt de la subvention de l’orge, vendu à 1500 DA/quintaux alors que les éleveurs l’achètent entre 3500 et 4000 DA/quintaux, tout en assurant sa disponibilité dans le marché, a-t-il ajouté.

A ce propos, le ministre a fait état d’un travail, en collaboration avec l’Office national des aliments de bétail (ONAB), pour la mise en place d’une stratégie assurant aux éleveurs la disponibilité des aliments au niveau de leurs régions, soulignant l’importance d’œuvrer à l’organisation des éleveurs pour une meilleure optimale des pâturages afin de préserver cette richesse.

« Il faut réduire la marge des interventions qui ne servent ni l’agriculteur ni le consommateur, et c’est pourquoi nous travaillons avec les filières concernées pour davantage de concertation. Les éleveurs ont demandé l’approvisionnement directe en orge et nous avons pris les mesures nécessaires pour assurer, aux éleveurs, la disponibilité de ce produit », a-t-il expliqué.

L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) dispose aujourd’hui d’un stock important d’orge qui permettra d’approvisionner aisément les éleveurs jusqu’à la prochaine saison, a-t-il précisé.

Le ministre qui n’a pas écarté, catégoriquement, un recours à l’importation comme mesure préventive, a affirmé les opérations d’importation « seront de titre complémentaire et limitées dans le temps pour répondre aux besoins des éleveurs ».

Le volume collecté et stocké en orge avait atteint en 2019 au niveau de l’OAIC plus de 3.6 millions quintaux.

De son côté, le membre du bureau national de la Fédération nationale des éleveurs, Amrani Brahim a mis l’accent sur l’importance d’adopter de nouvelles visions en vue d’améliorer la quantité et la qualité des aliments de bétails et garantir leur disponibilité dans les régions d’élevage.

Pour M. Amrani l’inefficacité de la subvention de ce produit requiert de la tutelle la mise en place, de concert avec les parties concernées, d’une nouvelle stratégie et qu’au vu de la grande disponibilité de l’orge cette année dans l’est du pays, l’OAIC devrait le rapprocher davantage dans l’Ouest et le Sud du pays.

L'arrêt de la subvention de l'orge permettra aux éleveurs d'acheter le produit directement et à sa juste valeur pour peu que le réseau de distribution soit disponible pour le rapprocher des régions d'élevage et garantir la mise en place de mécanismes permettant aux instances de contrôle de s'assurer que les éleveurs n'achètent que des quantités équivalentes à leurs besoins réels, ajoute le président de la Fédération des éleveurs.

Concernant le recours exclusif au produit national durant cette année, M. Amrani n’a pas exclu « une courte durée de crise » qui pourrait nécessité une importation complémentaire, et cela en raison des changements climatiques et de la faible pluviosité.

Par ailleurs il a fait savoir que la Fédération avait examiné, lors de cette réunion, la possibilité de recourir à de nouveaux modes de financement pour aider les professionnels en matière d’investissement.