Vente directe interdite: mieux vaut tard que jamais (dr)

Les images de citoyens agglutinés devant les semouleries ont choqué, à juste titre, de nombreux citoyens alors que les discours publics sont au confinement et au respect des gestes barrières. De manière inexplicable, le circuit traditionnel de la distribution a été pratiquement mis « HS », au profit d’une vente directe dans les semouleries.

Le ministère du commerce, a enfin réagi en interdisant « avec effet immédiat » aux unités de transformation de vendre directement de la semoule aux citoyens. Une situation absurde alors qu’il s’agit d’éviter la contamination et que le circuit de distribution « normal » continue plus ou moins de fonctionner normalement.

Certes, la tendance au stockage a créé de la pénurie de semoules – et donc de la spéculation – mais la solution par la vente directe au niveau des unités de transformation est bien pire que le mal. La seule vraie réponse est un effort d’approvisionnement régulier des détaillants où les citoyens peuvent faire leurs achats dans des conditions minimales de respect des distanciations sociales. 

Le chargé de l’information au ministère du commerce, Samir Meftah, a indiqué, selon APS, qu’il « sera fait recours à l’ancien système de distribution, à savoir la vente à travers les commerçants de gros, les grandes surfaces et les vendeurs en détail. ». La vraie question est de savoir pourquoi on a cessé de recourir à « l’ancien système de distribution » et créé ainsi un afflux dangereux des citoyens vers les unités de transformation.

Selon Samir Meftah, une « note signée par le Secrétaire général du ministère du Commerce, Karim Guech a été adressée aux directeurs régionaux et locaux en application des mesures sanitaires et de prévention décrétée par le Premier ministre pour la lutte contre la propagation de cette pandémie ».

Mieux vaut tard que jamais, comme on dit. La décision relève du bon sens élémentaire. Selon le chargé de la communication, les services du ministère du commerce « veilleront quotidiennement au contrôle des opérations de vente et le suivi de l’itinéraire du produit vers le consommateur final, dans l’objectif de lutter contre la spéculation et la distribution et le stockage anarchiques ».

 La note du SG du ministère du commerce adressé aux directeurs régionaux interdit aux unités de production de la semoule de faire de la vente directe aux citoyens. Les semouliers ont été instruits de revenir à l’ancien système « passant par les vendeurs de gros, les détaillants et les distributeurs. »