Ali Benflis
Ali Benflis dénonce un « amalgame » délibéré à la veille du scrutin présidentiel

La campagne de Ali Benflis est perturbée au moment du “silence électoral” avec l’incarcération d’un membre présumé de son staff accusé d’espionnage au profit d’un pays étranger. La manière dont l’affaire est présentée dans un communiqué du procureur de Bir Mourad Raïs suscite la colère de Ali Benflis qui dénonce un “amalgame délibéré” à la veille du scrutin.

Le communiqué du procureur du tribunal de Bir Mourad Raïs rendu public hier faisait référence à “ce qui a été évoqué dans certains médias au sujet d’actes d’espionnage” ayant entaché la campagne d’un candidat “imputés à un membre de son équipe électorale”.

Le communiqué indique que l’enquête préliminaire et judiciaire ont confirmé que la “personne arrêtée a commis des actes d’espionnage au profit d’un Etat étranger à qui il a adressé et de manière régulière des rapports sur la situation générale actuelle en Algérie et particulièrement sur les conditions de la préparation de l’élection”.

Toujours selon le communiqué le suspect qui répond aux initiales de “B.S”, qui a été placé en détention provisoire, faisait partie de l’équipe de campagne de Ali Benflis. “La personne objet de l’enquête confirme avoir fait connaissance avec le candidat cité en 2003 et qu’il lui a rendu, ainsi qu’à sa famille plusieurs services dont le règlement d’un problème lié à un compte bancaire commun avec son épouse ouvert dans une banque de cet Etat étranger”.

Avec les précisions apportées par la direction de la campagne de Ali Benflis a au communiqué du procureur pour éclairer l’opinion sur “l’affaire de l’infiltration de la campagne du candidat Ali Benflis” on comprend que l’Etat étranger dont il est fait état est la France.

Ali Benflis, indique le communiqué publié sur la page Facebook du candidat, “rappelle, pour la seconde fois, que le concerné ne fait pas partie de la direction de la campagne dont la liste a été publiée dans tous les médias. Sa présence dans les meetings animés par le candidat était limitée à l’aspect technique, celui du son” en raison de sa compétence technique dans ce domaine.

Ali Benflis dénonce une atteinte à son honneur

Mais c’est surtout au sujet du compte bancaire que la direction de campagne apporte de larges explications en affirmant que le communiqué du procureur fait un amalgame délibéré entre une affaire d’espionnage dont il est victime et l’affaire “personnelle” du compte.

Ce compte indique le communiqué a été ouvert par Ali Benflis en commun avec son épouse en 1998 au Crédit du Nord à Marseille puis a été transféré sur Paris. Il a été mentionné dans la déclaration des biens en 2004 et 2014 à l’occasion de sa candidature aux élections présidentielles. Et il l’a également mentionné le 2 mars dernier dans sa déclaration de biens pour l’élection annulée.

“ Le 21 mars 2019, le Crédit du Nord a décidé de fermer le compte sous le prétexte que le compte appartient à un homme politique étranger. La banque a envoyé par voie postale aux deux époux un chèque de banque à la valeur du dépôt, soit 11.057,91 euros; le concerné et son épouse n’ont pu récupérer leur dû à ce jour. B.S a proposé ses services pour résoudre ce problème, mais en vain”.

Ali Benflis considère que “l’amalgame délibéré et flagrant entre une affaire relative à l’espionnage au profit d’un Etat étranger dont il est la victime, et une affaire personnelle relative à la récupération d’un montant d’un chèque de banque, survenant à la veille du scrutin présidentielle, ne peut avoir d’autre explication qu’une volonté de porter atteinte à son honneur, à son image et à sa réputation auprès du peuple algérien. Ces faits doivent être connus du peuple algérien et ils sont totalement confirmés par des documents en possession de M.Ali Benflis”.