Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a entamé, ce dimanche 22 décembre, sa visite au 28 ème Salon de la production nationale, qui se déroule jusqu’à fin décembre 2019, au Palais des Expositions des Pins maritimes (Safex), par le passage au stand du ministère de la Défense nationale où il a loué le travail fourni par les entreprises militaires qui « sont un exemple à suivre en matière industrielle ». « Nous produisions les boites à vitesse, les moteurs et autres. Aujourd’hui, nous importons tout. Je le dis avec conviction, les seules industries mécaniques dans le pays sont les industries de l’ANP. Parce que vous êtes sérieux. De plus, on n’entre pas dans l’industrialisation par effraction. Il n’y a pas de miracle. Il y a une préparation pour arriver au modèle que nous allons rechercher aussi bien au niveau de l’ANP qu’au niveau civil. L’industrie doit créer des richesses pour le pays et des postes d’emploi. La sous traitance nationale va créer des milliers d’emplois pour les jeunes, les ingénieurs… Même si on n’arrive pas à atteindre le taux de l’ANP, il faut réaliser un véhicule qui sera à 40 ou 50 % algérien. Il y a des modèles qui ont montré leur échec même ailleurs », a-t-il déclaré en s’adressant à des officiers de l’ANP. Parlant du montage des véhicules en Algérie, il a parlé d’importation déguisée. « Cela ne sert absolument à rien, si ce n’est à dépenser. Des opérateurs privés algériens peuvent transformer le modèle de l’ANP (industrie) en modèle civil pour produire des voitures, des bus, des ambulances, etc. J’espère qu’ils vont prendre l’exemple », a-t-il souhaité.

 « Il faudrait qu’on trouve une locomotive qui donne l’exemple de l’industrialisation réelle de l’Algérie »

L’ANP participe au Salon avec une quinzaine d’unités de production. Un officier supérieur, en charge du stand de l’ANP, a annoncé qu’une instruction a été donnée par le haut commandement pour « intégrer tous les besoins de l’armée au niveau national ». « Le fait que l’ANP ne fasse pas appel à l’étranger en quoi que ce soit, c’est déjà un grand problème de dignité qui est réglé. C’est aussi un problème de sécurité nationale. Il faudrait qu’on trouve une locomotive qui donne l’exemple de l’industrialisation réelle de l’Algérie, pas l’industrialisation fictive où il y a gaspillage de nos ressources en monnaie étrangère et en dinar pour un résultat final où il n’y a même pas un taux d’intégration de 10 %. Cela dure depuis des années, et ce n’est pas une industrie. On ne peut pas dire que nous avons une industrie, si elle n’est pas intégrée au minimum à 60 %(…) Si on ne produit pas la pièce détachée, je ne vois comment, on pourrait prétendre intégrer les véhicules qui sont montés en Algérie en dehors de ceux de l’armée. Je sais qu’au sein de l’armée, il y a un taux d’intégration énorme », a souligné le chef de l’Etat. Le même officier a parlé de la possibilité d’exporter des produits de l’industrie militaire. « Oui, ne serait-ce qu’à titre d’aide aux pays amis. Je pense aux  pays du Sahel qui  ont besoin qu’on leur tende la main. Nous avons de quoi les aider », a-t-il préconisé. L’officier supérieur a alors indiqué que les unités industrielles de l’ANP travaillent avec la Mauritanie et le Mali

« Le sachet en plastique, c’est fini ! »

Abdelmadjid Tebboun a insisté sur l’interdiction prochaine des sachets en plastique. « On va donner le temps aux fabricants des sacs en plastique de se convertir. Ils ont investi, ont des machines, donc, on ne peut pas interdire du jour au lendemain. Mais, cela ne va pas durer longtemps. Ils auront peut-être un trimestre ou un semestre pour se reconvertir. On n’a plus le droit de mettre le pain, notamment le pain chaud, dans un sachet en plastique. Dorénavant, ça sera le sachet en papier. Cela est valable pour les fruits et légumes et les viandes. Le sachet en plastique, c’est fini ! », a-t-il déclaré. Il a demandé aux boulangers de ne pas tricher sur le poids de la baguette de pain et a dénoncé le gaspillage du pain. «C’est une question d’éducation morale, religieuse et de famille. Beaucoup d’algériens de l’intérieur du pays ne jettent pas le pain. Nous souhaitons que les télévisions et les journaux contribuent à une campagne nationale de sensibilisation (contre le gaspillage). Nous devons montrer du doigt celui qui jette le pain à la poubelle et le dénoncer. Il y a des peuples qui aujourd’hui ont besoin de pain. L’importation des céréales coûte cher à l’Etat. Si c’était pour uniquement pour la consommation, nous aurions importé même ke double. Mais, là, il y a du gaspillage. Nous ne devons pas jeter la devise à la poubelle. Ce n’est pas une question de subvention, c’est une question de morale. En Europe, on déjeune avec ce qui reste du dîner. Nous ne pouvons pas importer pour jeter après, c’est honteux. Nous avons besoin (de l’argent) pour construire des écoles et des hôpitaux, pour consolider notre souveraineté nationale. Comme si nous étions en train de brûler des dollars. Ce n’est pas normal », a dénoncé le président de la République.

« Je souhaite que Saidal redevienne un peu plus agressive »

Il a parlé de la régression de l’entreprise pharmaceutique Saidal en matière de couverture des besoins nationaux. « Pour les travailleurs, les chercheurs et l’économie nationale, je souhaite que Saidal redevienne un peu plus agressive dans le marché national. Vous travaillez beaucoup plus en générique. La concurrence est là avec des unités déjà entrées en production. Il ne s’agit pas de les arrêter pour vous laisser avancer. C’est à vous de vous défendre. Le marché était totalement à vous, là vous avez régressé. Qui n’avance pas recule. Le ratio qui m’intéresse est la capacité de couverture des besoins nationaux pour certains produits essentiels notamment les antibiotiques, les sirops anti tussifs, etc, ce qui est basique. Pour les médicaments sophistiqués, je crois qu’on est condamné à importer pendant assez longtemps. Je compte sur vous, je suis là pour vous encourager. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, soyez les bienvenus, mais il faudrait que Saidal prenne de 30 à 40 % du marché national minimum. C’est votre programme pour 2020 », a-t-il ordonné.

« Nous allons créer un ministère pour les Start up »

Le chef de l’Etat a annoncé que durant les premiers mois de 2020 sera créer la banque destiné aux Start up et aux micro entreprises. « C’est votre partenaire qui vous suivra, vous encouragera. Vous n’allez pas faire la chaîne avec d’autres. En ce qui concerne, les Start up algériennes, je souhaite que leur nombre explose. Si le taux de réussite sera de 60 à 65 %, tant mieux. L’échec comme la victoire font partie de la vie. L’essentiel est de rebondir et de ne pas baisser les brasSi on ne réussit pas sur un créneau, on rebondit sur un autre. Nos jeunes sont tellement imaginatifs et créatifs que nous allons créer le maximum d’incubateurs dans toutes les grandes villes. Nous allons créer un ministère pour les Start up et des micro entreprises. C’est innovant. Il y a aura des jeunes parmi vous dans ce ministère », a-t-il déclaré en s’adressant à un jeune entrepreneur. Au niveau du stand d’Air Algérie, le chef de l’Etat a ordonné l’ouverture de tous les aéroports intérieurs avec programmation, à l’horizon 2020, de deux vols par jours.