Dans le concert des nations ayant appelé au confinement dès l’annonce de la pandémie, la Suède a décidé d’aller à contre-courant de la tendance mondiale en n’optant pas pour le confinement. Aujourd’hui, bien que décriée par ses voisins immédiats, des médias et des scientifiques, la Suède persévère dans sa démarche. Et si, en définitive, les Suédois n’avaient pas tort?

D’abord, sur le plan des chiffres. Jusqu’à aujourd’hui, 32172 cas confirmés, 4971 guérisons et 3871 décès. Par million d’habitants, la Suède a un taux plus élevé que celui des Etats-Unis. 367,5 morts contre 266,1. Mais est-ce suffisant pour condamner la méthode suédoise? l’épidémiologiste d’État Anders Tegnell dit qu’il est difficile de faire une comparaison à ce stade : “Nous sommes à différentes phases de la courbe épidémique. La Suède est assez en avance”. En avance dans les contaminations (Ndlr).

Certains, n’hésitent pas, à l’instar de Nicolas Nassim Taleb, professeur d’ingénierie des risques à l’université de New York, auteur du livre sur la probabilité et l’incertitude « The Black Swan », de tweeter : «Arrêtez les conneries. La Suède a été HORRIBLE par rapport à la Norvège, au Danemark et à la Finlande». Peut-être, mais par rapport à l’Italie, à la France et à l’Espagne? Les chiffres sont à relativiser. Dans tous les cas.

Quoiqu’il en soit, la démarche de la Suède est loin d’être fantaisiste puisque dans les faits, les échanges sociaux sont en partie réduits, avec la fermeture des universités et des musées, le confinement pour les personnes à risque, même si les cafés, restaurants et bars sont restés ouverts depuis 19 semaines. Il semble que la démarche suédoise a obéit dès le départ, au principe de la contamination collective, en permettant la circulation du virus au sein des populations à même de produire une immunité grégaire.

Les dernières statistiques montrent que la Suède aurait atteint son pic épidémique et s’inscrirait désormais dans une courbe descendante. Stockholm, la capitale, ville la plus touchée serait sur le point d’atteindre son immunité grégaire…

En tout cas, la Suède est déjà en soi un cas d’école. Aujourd’hui, elle pose surtout la question fondamentale du choix même du confinement qui ne serait, en définitive, qu’une mesure, celle du dernier recours pour ne pas dire vaine, de différer un choc viral inéluctable.

Beaucoup de spécialistes estiment que l’expérience suédoise pourrait être utile à d’autres pays. « Je pense qu’il y a peut-être des leçons à tirer de nos collègues en Suède », confirmait déjà, lors d’une conférence de presse fin avril. le responsable des urgences de l’OMS, Michael Ryan.

De nombreux pays sont dans une dynamique de dé-confinement. Ce qui n’exclut pas une seconde vague du covid-19, tant redoutée par les spécialistes et qui risque d’être «scélérate». Le drakkar suédois part favori…