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Une interview, dont un extrait a été diffusé aujourd’hui sur Youtube, que Sofiane Djilali a accordée à la chaîne télé «Sky News Arabic» suscite déjà l’ire de plusieurs internautes proches du Hirak.

Sofiane Djilali y évoque «une composante du Hirak porteuse d’idées radicales demandant le départ, en définitive du noyau même de l’Etat… Des revendications extrémistes sans aucune alternative réelle… » Le journaliste l’interrompt pour lui rappeler la différence entre pouvoir et Etat. Pouvoir et nation car du point de vue des jeunes du Hirak, l’ancien système a toujours cours, il est encore en place. Sofiane Djilali justifiera cela par «une rupture de confiance totale, mais si on prend le temps de réflechir un instant, que reste-t-il des anciennes figures de l’ancien système? Elles n’existent ni au pouvoir, ni dans le gouvernement, ni au sein de l’institution militaire…» A ce propos, il enchaînera sur l’institution militaire qui « était inféodé à Bouteflika jusqu’à sa chute » puis se ravise pour affirmer que cette dernière «avait pris ses distances avec Bouteflika quelques mois plutôt».

« Nous avons un président civil et un projet de constitution »

Un peu plus loin, et pour répondre à la question du journaliste sur le retrait de l’armée de la vie politique comme préalable à l’émergence d’une Algérie nouvelle, Sofiane Djilali par «l’absence d’une classe politique mature et la nature même de l’Etat-nation qui s’est, au lendemain de l’indépendance, cristallisé autour de l’armée… Aujourd’hui, nous avons un président civil et un projet de constitution qui va devoir redéfinir les missions et les équilibres des différentes institutions du pays»

Plus loin, il précisera: «En vérité, nous ne sommes pas encore dans un Etat de droit, encore moins un modèle d’Etat idéal. Le chemin est encore long, mais la question cruciale est allons-nous persévérer dans cet affrontement pour faire tomber ce qui reste de l’Etat ou, au contraire, il nous faut composer avec une nouvelle réalité pour faire aboutir de nouvelles voies consensuelles.»

Sur la constitution, Sofiane Djilali répondra au journaliste qui lui faisait remarquer le caractère récurrent du régime présidentiel dans ce projet, «Avec Bouteflika, nous avions une constitution 100% présidentielle et qui concentrait tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme. Aujourd’hui, nous constatons de nettes améliorations puisqu’il sera désormais possible de se constituer en partis et associations sur simple déclaration…»

«Où sont les dizaines d’opposants dans les prisons ?»

A la question du journaliste: «Les prisons algériennes ne sont-elles pas pleines d’opposants et de journalistes?» Sofiane Djilali, d’emblée, oppose un non. « N’exagérons pas ! Il y a un certain nombre d’Algériens en prison, un nombre défini et connu. Possible qu’il y ait une part d’arbitraire, nous ne sommes pas encore dans le cadre d’un Etat de droit… il y a une situation de rapport de force et il y a des pans entiers du Hirak et même d’autres parties qui œuvrent au pourrissement de la situation… et sur les réseaux sociaux invectives et insultes ainsi que le franchissement de certaines limites donc naturellement l’Etat doit interagir avec cette réalité, mais concrètement, où sont ces dizaines d’opposants dans les prisons ou encore cette large répression… Il y a de l’exagération. Il y a aussi des intérêts étrangers qui voudraient déstabiliser l’Etat algérien. Aujourd’hui, la réalité est qu’il y a une liberté d’expression mais avec des limites et nous œuvrons à conquérir davantage d’espaces de liberté…»

Sur les réseaux sociaux, les réactions s’enchaînent et vont crescendo. Avec cette interview, Sofiane Djilali semble avoir définitivement acté sa rupture avec le Hirak…