Le gouvernement algérien a reconnu ce lundi 11 avril 2020, à travers son porte parole, le ministre de la communication, sa responsabilité dans la censure des deux sites d’information en ligne Maghreb Emergent et Radiom.info, en violation de l’article 50 de la constitution qui stipule que « la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne est garantie et ne doit être restreinte par aucune forme de censure préalable ». Il n’a cependant rien trouvé de mieux, pour justifier un pur acte de répression de la liberté de la presse, que d’invoquer à postériori une infraction à la loi sur le financement étranger des médias. 

– L’affirmation du ministre selon laquelle Radio M « a été lancée grâce à des fonds en provenance de l’étranger » est une grave atteinte à ses équipes, ses actionnaires et ses partenaires commerciaux. Elle est diffamatoire et déshonore son auteur. 

– Radio M est une web Radio née modestement en 2013 avec les fonds propres de Interface Médias SPA et qui s’est lentement développée depuis sept ans grâce à l’engagement de ses travailleurs et de ses actionnaires. 


– Chercher à jeter le doute sur le caractère national du capital intégralement algérien de l’éditeur de Radio M est un procédé injurieux pour les journalistes promoteurs des projets éditoriaux et à leurs partenaires financiers nationaux. 

– Interface Médias l’éditeur de Radio m et de Maghreb Emergent est une société par actions, de droit algérien. Son actionnariat diversifié est composé des journalistes fondateurs, de collaborateurs et de sociétés algériennes leaders de leurs secteurs économiques ((Emballage, Pharmacie, BTP, Edition, Boisson, Conseil financier). Aucun actionnaire ne détient plus de 19 % du capital action. Les investisseurs privés ont fait confiance à un projet professionnel sérieux soutenu par la rédaction aînée de Maghreb Emergent, née 3 ans plus tôt. De même qu’en 2014, pour les mêmes raisons d’éthique éditoriale et de rigueur professionnelle, l’éditeur américain du Hufffington Post a cédé en franchise à Interface Médias l’exploitation de sa marque dans le cadre du Huffpost Maghreb avant que l’expérience ne s’arrête en décembre 2019 dans les trois pays. 

– La méconnaissance ahurissante du modèle économique innovant de la presse digitale a amené le ministre de la communication à bafouiller son attaque indigne contre un média déjà ciblé par la censure de son site d’information en ligne quatre jours auparavant. Il a fait remanier une première dépêche de l’APS pour en ôter une charge, finalement dérisoire, portée sur le recours au crowdfunding (financement participatif) auprès de notre public (dans la diaspora et en Algérie) pour rassembler la dotation du prix Ali Bey Boudoukha du meilleur article d’investigation organisé par Maghreb Emergent (2014, 2017, 2019). 

– Evoquer un recours à des financements étrangers pour lancer une web radio, laisse croire au public que l’investissement est important et les revenus nuls. Radio M est une petite structure qui génère des revenus publicitaires grâce aux sponsor de ses différentes émissions (Assurances, Industries, Pharmacie etc.…), à l’utilisation de ses petits moyens audiovisuels pour la production commerciale de vidéos et de spots audio. La Chaine YouTube génère également depuis 2018 des revenus publicitaires sur la plateforme américaine. 

– Radio M est un prototype encore inabouti de ce que devrait être la nouvelle industrie médiatique digitale génératrice d’emplois à valeur ajoutée, capables d’exporter des services (YouTube) et proposant une nouvelle offre médiatique aux Algériens et à la Diaspora, conforme à la volonté de changement et de transparence exprimée par le peuple algérien depuis le 22 février 2019. La tentative de lui nuire et de la réduire au silence est un combat d’arrière garde contre la liberté réclamée par les Algériens. 

– Le double préjudice porté à notre média ; engagé quotidiennement depuis le début du confinement dans l’élan de solidarité nationale contre l’épidémie du Covid 19 ; nous contraint à nous défendre, y compris, si nécessaire, à exercer notre droit d’ester en justice le ministre de la communication. Nous le ferons dans l’éthique et l’honneur que nous reconnaissent nos centaines de milliers d’auditeurs, de lecteurs, et de fans et de tous ceux qui, condamnant la censure de nos deux médias, les ont rejoint pour nous apporter depuis jeudi leur immense solidarité.