Ce vendredi 19 juin restera longtemps gravé dans les esprits. Moins par l’évocation du souvenir funeste du coup d’Etat de Boumediène contre Ben Bella, en 1965, que par l’ampleur de la réaction du pouvoir au tentatives de reprise du Hirak.

D’abord, il y’eut cette polémique entre partisans et opposants de la reprise des marches populaires, à partir de ce vendredi 19 juin, ensuite la série d’interpellations qui ont touché des figures connues du Hirak à l’instar de Boumala, Addad, Zoheïr Keddad et pour finir Amira Bouraoui. Autant dire les ingrédients d’un mécontentement assurée dans les rangs ud Hirak.

D’ailleurs, l’appel à la reprise du Hirak à Béjaïa et à Tizi-Ouzou tient sa raison dans la persistance des interpellations et arrestations d’activistes du Hirak à la faveur de la période du confinement. On évoque plus de 200 convocations de hirakistes depuis le début de l’épidémie.

C’est cette raison aussi qui a fait sortir les activistes du Hirak le vendredi 12 juin avec à la clé, la mise sous mandat de dépôt de trois figures de proue du Hirak à Béjaïa: Merzoug Touati, Yanis Adjlia et Amar Beri. Le Hirak ne pouvait que sortir ce vendredi avec tous les risques que cela comporte. Mais aussi bien à Béjaïa qu’à Tizi-Ouzou, l’esprit «Silmiya» a prévalu nonobstant quelques escarmouches et des blessés sans gravité.

Par contre, le plus surprenant dans cette journée, c’est l’ampleur des interpellations sur l’ensemble du territoire. La page du CNLD (Comité National pour la Libération des Détenus) et Zaki Hannache, activiste du Hirak et militant des droits de l’homme, rapportent plus de 500 interpellations. Parfois, comme à Tlemcen, en l’absence même d’une marche velléitaire, avec la mise en garde à vue de sept personnes en attendant leur comparution dimanche devant le procureur. A Alger aussi, avec l’arrestation de Khalti Baya, icône du Hirak, accompagnée de deux autres femmes.Il y eut aussi une quarantaine d’autres interpellés dans la capitale. Tous relâchés sauf le jeune Zineddine Rahal qui comparaîtra devant le procureur de la république.

A Tizi-Ouzou, ce ne sont pas moins de 150 personnes interpellées à l’issue des manifestations de ce jeudi. Sept seront maintenues en garde à vue et présentés ce dimanche devant le procureur alors que cinq autres sont convoquées pour enquête après confiscation de leurs téléphones mobiles. A Tizi, l’ancien détenu d’opinion, Amar Ichergouche, blessé lors de la manifestation, à une double fracture des membres inférieurs.

Béjaïa a eu aussi son lot d’interpellés: 80 personnes. Onze seront présentées ce dimanche devant le procureur de la république dont l’ex-correspondant du journal Le Matin, Dalil Yamouni.

Bouira n’est pas en reste avec 40 interpellations dont six présentations dimanche devant le procureur.

A Annaba, Sydra, la plus jeune interpellée, en compagnie de sa maman.

D’autres villes du pays, de Annaba à Oran, en passant par les villes de l’intérieur et du sud ont eu leurs lots d’interpellations. Au total, ce sont pas moins de 24 villes, chef-lieu de wilaya, qui ont enregistré plus de 500 interpellations en relation avec le Hirak, dont pas moins de 33 personnes passeront en comparution devant le procureur ce dimanche.