Une assemblée morne et un hémicycle désespérément vide en ce mercredi 12 février pour débattre du plan d’action du gouvernement présenté la veille par le premier ministre Abdelaziz Djerrad. Même les ministres avaient l’air de s’ennuyer. Certains prétextaient un appel sur leur portable pour se glisser hors de l’hémicycle. Seul l’intervention du député Samir Zibouche de Tipaza a réveillé un hémicycle frappé par la torpeur. Le député du parti AHD 54 qui porte une orthèse depuis l’âge de sept ans, après avoir contracté la polio a lancé un cri de détresse et à rappeler la situation épouvantable des handicapés. « Il y’a trois millions d’handicapés en Algérie et rien n’est fait pour améliorer notre quotidien. Même à l’APN il n’y a pas de place de parking qui nous sont réservés », s’est lamenté le député qui n’a pas hésité à montrer à l’assistance son orthèse.

Du temps au temps

Le gouvernement Djerrad qui a décidé de faire rentrer au chausse-pied le maximum de réformes dans son plan d’action est assuré d’obtenir la majorité, lors du vote prévu jeudi 13 février. Les députés accorderont leur confiance à un plan d’action dont certains reconnaissent ne pas avoir eu « le temps de bien l’étudier » « Le texte nous a été remis il y’a tout juste trois jours. La grande majorité d’entre nous n’a pas eu le temps de bien l’étudier. » reconnait une députée sous couvert de l’anonymat et qui tient à ce qu’on sache qu’elle « votera en faveur de ce plan » « Le pays est en danger. On ne peut pas se permettre de tergiverser », explique-t-elle. Une position que partage l’homme d’affaire, propriétaire du groupe Sim et député RND de Blida, Abdelkader Taïeb-Ezzraimi. « C’est un programme riche qui contient beaucoup d’idées qui répondent aux attentes du peuple », estime-t-il. Et aux sceptiques qui jugent le plan trop « vague », le député Taïeb-Ezzraimi rappellent qu’il a été « concocté dans l’urgence et dans une situation exceptionnelle » « Faisons confiance au premier ministre et donnons du temps au temps pour juger de son action. » affirme le député.    

Trou noir

Certains députés ne cachent pas leur scepticisme face à un plan jugé trop « ambitieux » et « peu réaliste », tout en assurant le PM Djerrad de leur total soutien, le jour du vote. « C’est un programme où les priorités ne sont pas bien définies, alors que les moyens financiers du pays sont limités », affirme Tahar Chaoui député du parti TAJ. « Le gouvernement ne nous dit pas où il va trouver l’argent pour financer son programme », se désole le député. Pour la présidente du groupe TAJ à l’APN, Karima Admane, dont le président du parti Amar Ghoul est en détention provisoire à El Harrach « il faut sortir le pays du trou noir dans lequel il se trouvait et redonner de l’espoir aux algériens. »