1446 prisonniers, dont ceux du Hirak rifain, ont été graciés par le roi du Maroc, Mohammed 6, mercredi dernier à l’occasion de la fête du Trône, et à la veille de l’Aïd El Adha, a annoncé le ministère de la Justice. L’information est confirmée par des activistes marocains, mais qui porte sur le libération de seulement une vingtaine d’activistes du Rif dont des figures connus du Hirak, mais pas le plus emblématique d’entre-eux: Nacer Zefzafi .

Nacer Zefzafi, condamné à 20 ans de prison par le Makhzen

Arrêté en mai 2017 en pleine contestation sociale dans la région du Rif (nord), Nacer Zefzafi avait été condamné, fin juin 2018, à vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès qui a réuni 53 accusés.

Ces libérations interviennent à un moment où d’une part, le roi du Maroc dévoile son plan économique qui, il va sans dire, revêt d’abord un aspect social et politique, en injectant pas moins de 11 milliards d’Euros et où, d’autre part, il subit les critiques acerbes d’une agence américaine et pas des moindres, Bloomberg qui accusent ouvertement le Maroc de se servir de l’épidémie du covid-19 pour  « faire marche arrière » sur les réformes démocratiques, et « museler davantage » la société marocaine qui fait face à « un risque de troubles » accru en raison de la crise sanitaire qui pèse sur l’économie, « dépendante» en grande partie du tourisme. Cela va de soi, l’instrumentalisation de la crise liée au covid-19 n’est pas l’apanage du seul Maroc ! Quoiqu’il en soit, Zefzafi et ses compagnons restent en prison …