Près d’un mois après le coup d’État ayant renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, et installé au pouvoir un colonel de l’armée malienne, Assimi Goita, la situation au Mali suscite de nombreuses interrogations de la la part de la population.

C’était une promesse des militaires après le coup de force contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Celle de mettre en place une transition démocratique rapide. Problème : les maliens ne voient rien venir et commencent à douter de la bonne volonté des militaires.

Pourtant dès la destitution du président Keïta, le porte-parole des mutins, le colonel-major Ismaël Wagé avait invité la société civile et les partis politiques maliens à rejoindre le mouvement pour préparer une transition politique et l’organisation d’élections dans un délai « raisonnable ».

Or cette annonce suscite l’inquiétude dans la classe politique. D’autant qu’aucun budget n’a été prévu pour la tenue de telles élections. Sans compter que la crise du Covid-19 qui frappe le pays et le mouvement de contestation sociale, ont plongé le Mali dans une situation économique critique.

Par ailleurs, la Cédéao qui a fermement condamné le coup d’État a annoncé le gel des échanges financiers entre ses 15 pays membres et le Mali. Autre sujet d’inquiétude, et non des moindres, la situation sécuritaire du pays, qui s’est considérablement dégradée au cours des dernières années, ce qui fait dire à un expert de l’ONU que « seule une petite partie de Bamako est vraiment protégée ».

Dans un pays qui en est à son quatrième coup d’État et qui a connu une dictature sanglante de 1968 à 1991 sous le régime de Moussa Traoré, certains maliens estiment qu’il faut toujours se méfier des militaires et ne pas leur donner un blanc-seing.