Coq
La police algérienne répond au buzz du « coq arrêté ».

Un coq emprisonné en Algérie? L’affaire a pris de drôles de proportions depuis samedi 9 février après le témoignage du propriétaire, la presse internationale relayant l’information insolite et les réseaux sociaux en faisant une matière de dérision, au point où la police s’est sentie obligée de faire une mise au point.

A l’origine, une vidéo-témoignage d’une personne qui s’est présentée comme le propriétaire d’un coq à El Biar (Alger), publiée sur Facebook par le média en ligne Chihab Presse, faisant état de l’arrivée de 5 agents de la police à son domicile après une plainte d’une diplomate italienne (l’ambassade italienne se trouve dans le quartier). L’objet de la plaine? Le dérangement causé par le chant matinal du chapon du monsieur.

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Gepostet von ‎شهاب برس‎ am Samstag, 8. Februar 2020

Les policiers évoquent alors un ordre « d’emmener » le coq, regrette l’homme qui raconte comment les agents sont rentrés chez lui et ont courus derrière « le suspect » pour l’attraper, lui qui ne cessait pas de crier.

« Ensuite ils l’ont emmené », indique le monsieur, non sans déplorer qu’il n’a pas revu son coq depuis. Il se demande s’ils l’ont emmené à la prison d’El Harrach à Alger, non sans déplorer que le « disparu » a laissé derrière lui une poule et sept poussins.

Les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie après la publication de la vidéo, certains commentaires ironisant sur « l’arrestation » présumée du coq et la campagne d’arrestations qui visent des activistes et des militants du Hirak.

Même les manifestants du 51e mardi du Hirak à Alger ont pris part au buzz. Quelqu’un a ramené un coq. Ce dernier a été entouré par un groupe de contestataires qui scandent « doula madaniya machi aâskariya » (un Etat civil et non militaire), un des slogans du mouvement.

De son côté, la police algérienne a ressenti le besoin, mardi 11 février, de réagir à l’affaire qui a fait rire le monde et de donner sa version des faits. Dans un communiqué de la DGSN, on apprend donc que l’histoire date de mars 2017, que l’origine de la plainte est « un voisin ».

« Les services de sécurité se sont jamais entrés dans le domicile de la personne sujet de la plainte », assure la police qui affirme aussi que la personne qui a enregistré et publié la vidéo s’avère être le voisin du propriétaire du coq.

Estimant que des déclarations de cette personne « n’ont aucun fondement », la DGSN indique que les « procédures légales qui s’imposent vont être prises ».