Le prix du baril s’effondre, le pire est à venir (DR)

Coronavirus, désintégration de l’alliance entre l’Arabie saoudite et la Russie et début d’une guerre des prix entre les deux grands producteurs… Les ingrédients d’un effondrement des prix du pétrole se sont brusquement réunis vendredi dernier avec l’échec des discussions à Vienne entre l’OPEP et la Russie au sujet d’une baisse de la production pour enrayer la chute des prix. Moscou – dont les prévisions budgétaires se basent sur un baril à 42,4 dollars – a refusé toute baisse en arguant que cela risquait de laisser le marché libre pour le pétrole de schiste américain. 

L’OPEP+ n’existait virtuellement plus depuis vendredi, l’Arabie saoudite a baissé ses prix et a fait savoir qu’elle allait accroître sa production. Une nouvelle fois, Ryad réagi par une stratégie de choc dans une bataille pour le marché avec les deux autres grands producteurs, la Russie et les Etats-unis. La Russie qui disait se contenter d’un baril à 45 dollars peut constater que les cours sont déjà beaucoup plus bas.

La mécanique de la chute des prix du pétrole était en place vendredi à la suite du désaccord entre l’OPEP (donc l’Arabie saoudite) et la Russie. Elle s’est enclenchée rapidement. Les marchés pétroliers connaissent ce lundi une chute de plus de 30%. C’est la baisse la plus forte enregistrée en un seul jour depuis la première guerre du Golfe en 1991. Le prix du Brent est passé de  45 $ le baril à 31,02 $. Des analystes estiment que le pire est à venir, certains prévoyant même un baril sous les 20 dollars dans les prochains mois.