Chérif Omari, ministre de l’Agriculture et du Développement rural, a reconnu la forte demande sur la semoule au niveau national actuellement. « Pour faire face à cela, nous avons approvisionné toutes les minoteries du pays en quantité suffisantes de blé dur pour assurer une continuité de la production. Des quantités qui dépassent ce que nous consommons en une semaine, c’est à dire plus de 400 à 450.000 quintaux. Nous avons livré par avance plus de 600.000 quintaux. Les minoteries disposent déjà d’un stock de plus d’une semaine. Elles sont donc à l’aise pour l’utiliser selon la demande surtout pour la semoule. Nous travaillons actuellement pour améliorer la distribution des produits. L’OAIC (Office algérien interprofessionnel des céréales) a ouvert 200 points de vente au niveau national. Les services agricoles des wilayas ont également ouvert des points de vente. Les groupe public Agrodiv a aussi ses points de vente en détail », a expliqué le ministre,invité de la Chaine Une de la radio nationale, ce jeudi 26 mars. Il a rappelé que les walis sont chargés de s’assurer de la disponibilité de tous les produits nécessaires selon l’évolution de la situation sur le terrain. L’Algérie, selon lui, n’a pas besoin pour l’instant d’importer de quantités supplémentaires de céréales.

Pas de pénurie

Chérif Omari a appelé les algériens à ne pas céder à la panique. « Il n’y aura pas de pénurie. Toutes les dispositions ont été prise par l’Etat pour que les produits alimentaires soient disponibles et en quantités suffisantes », a-t-il dit. Il a également assuré les habitants de Blida, région mise en confinement total pendant dix jours depuis le mardi 24 mars 2020. « Toutes les mesures ont été prises avant la décision de mettre la région en confinement pour assurer un approvisionnement régulier de Blida en céréales, en semoule, en légumes comme la pomme de terre, en lait et en d’autres produits. Nous voulons assurer une bonne distribution pour éviter le déplacement de la population. Certains agriculteurs vont organiser des caravanes par solidarité et distribuer des produits frais à la population de Blida comme les fruits légumes, les viandes blanches et les œufs. Nous améliorons la situation heure par heure », a-t-il annoncé.

« La production agricole ne doit pas cesser »

Le système de distribution des produits frais sera, selon le ministre, revu pour éliminer les intermédiaires qui alimentent les circuits de spéculation et « qui exploitent la situation actuelle pour faire des profits ».Il a indiqué que l’Etat a pris des mesures de régulation pour certaines filières comme la pomme de terre, l’ail, l’oignon et les viandes blanches pour stabiliser l’offre et assurer un revenu aux fellahs. « Pendant deux jours, il y a eu une spéculation sur la pomme de terre. L’intervention de l’Etat a été rapide avec l’augmentation de l’offre, l’ouverture des stocks et de nouveaux points de vente pour briser la spéculation. Nous avons encore de grosses quantités stockées de pomme de terre. Et, au niveau des champs, la production de ce légume est importante. La récolte se poursuit, notamment dans le sud du pays à El Oued, et dans les zones côtières. La nouvelle saison commence en avril avec des quantités importantes de pomme de terre », a-t-il détaillé. Il a rappelé qu’en décembre 2019 une production considérable de pomme de terre a été mise en dépôt pour éviter l’effondrement des prix. Le stock stratégique de ce produit n’a pas encore été touché.

activité agricole

En coordination avec les walis des wilayas du centre (Blida, Tipaza, Boumerdes et Alger), des mesures seront prises pour faciliter le déplacement des agriculteurs et des travailleurs de la terre pour maintenir l’activité agricole dans la région de la Mitidja. « La production agricole ne doit pas cesser. Il faut également assurer le transport des récoltes d’une manière régulière surtout que le mois du Ramadhan approche. Les marchés de gros de fruits et légumes resteront ouverts », a-t-il assuré.  Pour les marchés de gros de Bougara et de Boufarik, situés en zone de confinement à Blida, des dispositions ont été prises, en concertation avec le ministère du Commerce et des autorités locales, pour qu’ils maintiennent leurs activités en respectant les règles sanitaires de prévention. Les marchés des Eucalyptus et Khemis Khechena, à Alger, continuent de fonctionner normalement. « Il ne faut pas qu’il ait une perturbation dans la distribution », a souligné Chérif Omari.