Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smaïl Chergui a annoncé mardi le déploiement de 3000 soldats des forces africaines au Sahel avant la fin de l’année.

Le déploiement des militaires prévu en juin a été retardé à cause de la pandémie du Covid-19 qui a « freiné tout progrès en matière de planification sur le terrain », a précisé M. Chergui dans une déclaration à l’APS.

Un déploiement des forces qui intervient en réponse à la fréquence croissante de la violence au Sahel, notamment après les derniers attentats terroristes perpétrés dans la région, auxquels s’ajoutent les défis écologiques et la sécheresse et leurs répercussions sur la sécurité alimentaire dans la région.

« des groupes terroristes, des extrémistes, et des groupes de contrebandes et de criminalité profitent de l’absence des autorités pour étendre leur influence et compenser les services de l’Etat de façon à déployer davantage leurs éléments et élargir les activités terroristes en dehors du Sahel », a dénoncé le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine

Pour M. Chergui, les problèmes des pays africains ne peuvent être gérés par des des parties étrangères, sauf à travers « le rôle d’accompagnateur de la mission avant-gardiste nationale, dans le but de garantir la polarisation des peuples africains pour qu’ils soient aux côtés de leurs dirigeants »,a-t-il expliqué.

Il existe certes quelque 20 stratégies au Sahel, mais elles n’ont pas d’impact positif sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens, a-t-il souligné, estimant qu' »une approche purement sahélienne fondée sur des moyens limités est meilleure que les partenariats illusoires qui ne font que différer les solutions écologiques en Afrique ».

Partant de « l’adhésion politique » dont jouit l’UA, il se trouve que cette Organisation soit prioritaire en matière ré-instauration de la sécurité au Sahel, eu égard à ses expériences réussies dans la lutte contre le terrorisme. Preuve en est, les résultats atteints par la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) en 2007, grâce à laquelle la Somalie a récupéré le pouvoir qui était sous l’hégémonie du mouvement terroriste Shebab.

L’UA est capable, poursuit le Commissaire à la paix et à la sécurité, « grâce à ce type d’expériences fructueuses, de les transposer au Sahel, d’autant que le continent possède aujourd’hui les mécanismes institutionnels et les cadres de coopération susceptibles d’instaurer la paix et la stabilité dans la région dans le cadre de la forte volonté politique des pays membres afin de faire taire les armes et éviter de léguer ces conflits et différends aux générations futures ».

Cependant, l’alternative militaire et sécuritaire pour le traitement de la situation au Sahel n’a pas récolté ses fruits à elle seule, car « la bataille est multidimensionnelle basée sur des idées, le gain des esprits mais aussi des cœurs des gens, l’instauration de la confiance et de l’appartenance face aux défis des réseaux sociaux », a-t-il souligné.

C’est pourquoi, il serait plus judicieux de s’investir dans « le renforcement du lien entre l’administration et le citoyen, la consolidation du sens de l’identité nationale et de la gouvernance, la prise de mesures de prévention sans recourir au radicalisme qui débouche sur l’extrémisme violent et le terrorisme ».