Le RND est de nouveau dans le doute. La défaite d’Azzedine Mihoubi, son candidat lors de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, a relancé le débat interne sur « le futur » d’un parti qui a toujours vécu à l’ombre du pouvoir. L’ex-ministre de la Culture a réuni, ce mardi 17 décembre à Alger, le bureau national qui a salué le peuple algérien pour sa « contribution efficace dans la réussite de la consultation électorale ». « Il a fait rater une occasion à ceux qui doutaient de la tenue de ces élections. Des élections qui sont une étape importante dans la concrétisation de la volonté populaire », a souligné le bureau national du RND, dans une déclaration publiée sur sa page Facebook. Il a félicité Abdelmadjid Tebboune pour son élection en lui souhaitant le succès dans «ses missions nationales nobles », dans « la concrétisation des aspirations du peuple algérien pour la sécurité, la stabilité, le développement » et dans « la préparation des conditions de réussite du dialogue national ». L’instance exécutive du RND, qui a félicité également les autres candidats à la présidentielle « pour leur contribution dans le succès du scrutin », salué le rôle joué par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et l’ANP dans la réussite et la sécurisation du scrutin.

Quel avenir pour Azzeddine Mihoubi ?

Le bureau national n’a pas omis de remercier Azzeddine Mihoubi pour ses efforts ayant permis « la réussite de sa campagne électorale ». « Campagne marquée par le sérieux, la réactivité populaire positive et l’affluence forte de nos concitoyens à tous les meetings populaires et les rencontres de proximités », est-il souligné.Le bureau national du RND évoque l’autonomie retrouvée du parti 22 ans après sa création et a salué l’appui des militants et des sympathisants de cette démarche. « Le RND a réussi à se libérer du parti de soutien et à participer à des élections présidentielles pour la première fois de son Histoire avec son candidat et son programme électorale », est-il noté. La déclaration ne porte aucune mention du soutien apporté par le FLN, son rival, à Azzeddine Mihoubi.   Quel avenir pour Azzeddine Mihoubi à la tête du RND ? Un conseil national est convoqué pour une session extraordinaire pour le vendredi 10 janvier 2020. Il doit trancher le maintien ou non du secrétaire général par intérim. Des cadres du parti souhaitent « une évaluation » de la première participation du RND à une élection présidentielle. Un vif débat s’est engagé à l’intérieur du RND. Faut-il consacrer Mihoubi secrétaire général du parti ou pas ? Mihoubi a-t-il sauvé le parti ou l’a-t-il, au contraire, enfoncé ? Des militants exigent son départ du secrétariat général par intérim du parti. D’autres, par contre, estiment que l’ex-candidat à la présidentielle doit être consacré Secrétaire général pour avoir tenté «d’éloigner » le RND des marécages du « régime Bouteflika » et de faire « oublier » dans la foulée la longue séquence d’Ahmed Ouyahia, condamné à 15 ans de prison pour des affaires de corruption et de blanchiment d’argent, ex-secrétaire général du parti. Pour les soutiens de Mihoubi, l’actuel SG par intérim a tenté de faire du RND, « un parti comme les autres ». Pour les détracteurs de l’ex-ministre, Mihoubi est une figure du régime en déchéance, doit partir pour permettre « un renouvellement réel » du parti.

« On ne peut pas supprimer le RND d’un revers de la main« 

Le débat actuel au sein du RND n’est pas sur le programme politique ou le projet de société mais sur l’avenir de cette formation née dans les laboratoires pour damer le pion au FLN en 1997, deux ans après l’élection du général Liamine Zeroual, président de la République. Mihoubi travaille, selon son entourage, pour reprendre un parti qui a 7000 élus locaux et 130 députés. Une présence nationale à capitaliser. « On ne peut pas supprimer le RND d’un revers de la main. Il a toujours sa place sur la scène politique, cherche à améliorer son fonctionnement et se débarrasser des mauvaises pratiques du passé », a-t-il déclaré dans une interview à la BBC. Mihoubi entend réunir « le pôle national » autour du RND puisque le FLN, en perte de vitesse, n’a pas su s’adapter à la nouvelle situation politique dans le pays.