Le personnel médical de Blida se plaint du manque de moyens de protection
Le personnel médical de Blida se plaint du manque de moyens de protection

« Je lance un appel au secours et à l’aide en mon nom et au nom de tous mes confrères et consoeurs de l’hôpital Frantz Fanon de Blida, essayez de nous fournir en moyens de protection parce que ça urge vraiment. Nous avons besoin de bavettes, de gel hydroalcoolique, de blouses jetables, de gants… », écrit sur Facebook le Pr Khedjidja Bessedik, médecin chef de service psychiatrie adulte à l’hôpital Frantz Fanon. « Svp, on sacrifie nos vies pour sauver les vôtres alors venez à notre aide », ajoute-t-elle. « A minuit, 100 consultations pour symptomatologie respiratoire aigüe. 50 cas de forte suspicion de pneumopathie virale étendue bilatérales avec TDM T à l’appui, zéro test pour le Covid-19, et ça continue jusqu’au petit matin », alerte Yacine Khaloui, chef de service pneumologie à Blida. Un autre médecin témoigne sur la page Blida TV sur Facebook : « On reçoit des malades fortement suspect du Covid 19, tous les jours mais on ne peut confirmer leur diagnostic par manque de kits de prélèvement ! Ces malades doivent être hospitalisés en isolement mais pas de place ni à notre niveau ni à El Affroune ni à Boufarik. Ces cas suspects sont libérés avec un traitement simple et confinement à domicile. Il y a un médecin, parmi nous, qui est suspecté d’avoir attrapé la maladie, n’a pas pu faire le prélèvement. Ne croyez pas aux chiffres déclarés à la télévision, je vous assure que le nombre des cas est très élevés ».

« Je vous jure que la situation à l’hôpital de Blida et de Boufarik est grave »

Le personnel paramédical du service de réanimation de l’hôpital Frantz Fanon de Blida a procédé à un arrêt de travail de sept heures, samedi 21 mars, pour protester contre le manque de moyens de protection. « Il n’y a absolument rien ! Du coup, les malades en isolement sont restés seuls et sans surveillance ni assistance pendant 7 heures », est-il souligné«Je vous jure que la situation à l’hôpital de Blida et de Boufarik est grave. Il n’y a même les moyens les plus basiques pour les infirmiers et les médecins.Les gens meurent. Où sont donc passés les industriels de Blida pour aider les hôpitaux? Je lance un appel pour faire une quête et acheter ce que ces hôpitaux ont besoin dans la limite de nos moyens, nous ne pouvons pas rester insensibles », lance un jeune artiste de Blida dans un live sur Facebook. La page Blida Services a lancé une proposition pour acheter des équipements médicaux. « Que chacun de nous donne 100 dinars. Nous allons faire une quête. Soyez nombreux », est-il mentionné. Le Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO) a lancé, pour sa part, un appel aux dons pour les services d’urgences du CHU de Blida et des EPH de Boufarik et de Faubourg. « Nos confrères médecins et infirmiers ne sortent plus des services par précaution (peuvent contaminer leurs familles ou proches). Celui qui peut aider par des dons de gants, de bavettes, de masques (si disponibles) ou même d’eau…Ils font preuve de courage, on doit les aider et soyons solidaires avec eux », écrit le bureau de Blida du SNAPO qui a publié des numéros de téléphones dont le 0770980809. Samedi 21 mars au soir, la police a sillonné les rues de Blida pour demander aux habitants de ne pas sortir de leurs domiciles qu’en cas de besoin.