Manifestations de soutien aux détenus devant le tribunal de Sidi M’hamed, le 19 janvier 2020 – Ph @CNLD

1. La répression ne fait qu’accroître la frustration des tenants du régime et la détermination du mouvement populaire. La répression est (toujours) un aveu d’impuissance politique. Elle est d’ores et déjà incapable d’inverser le rapport des forces : Le régime est en échec, il est finissant, et la révolution démocratique et populaire ne fait que commencer.
2. Ce n’est pas ainsi, sans plus vraiment de ressources financières ou politiques, que le régime va être capable de faire en quelques mois ce qu’il n’a pu faire en 57 ans. Et gagner du temps en espérant un miracle n’est pas un projet de gouvernement.
3. En fait, l’équation est simple. C’est celle d’une chance historique pour le pays. Le régime fait face à un mouvement populaire d’une rare sagesse. Les Algériens ne sont pas avides de violence, de vengeance, de justice expéditive ou de chasse aux sorcières. Ils veulent le départ pacifique et ordonné du régime par la loi, par la mise en place des conditions juridiques et politiques d’élections démocratiques, par la tenue de ces élections à brève échéance, par la mise en place des institutions légitimes nécessaires à la sauvegarde et au bon fonctionnement du pays. Soit tout le contraire d’une aventure déraisonnable ou d’ambitions démesurées.
4. L’autre terme de l’équation, c’est celle qui dépend de la volonté des responsables actuels. Il s’agit pour eux notamment de se mettre en accord avec leur propre discours qui, au regard de la répression qui s’exerce sur le mouvement populaire, ne peut, au mieux, que laisser sceptique. Il s’agit donc pour eux de répondre par des actes concrets aux demandes du mouvement populaire. Il s’agit donc de libérer tous les détenus politiques et de les acquitter, de cesser la répression multiforme de l’activité citoyenne et politique, de lever la tutelle sur les médias et de libérer l’espace public afin de permettre aux Algériennes et aux Algériens de débattre et de construire ensemble, pacifiquement, leur institutions légitimes, en particulier la Constitution.
5. Le mouvement populaire pacifique, durant 11 mois, a donné la preuve de sa responsabilité. C’est au pouvoir maintenant de le faire, et d’agir en conséquence.