Les démocrates du Congrès américain, rapportent des médias, ont réussi hier vendredi à faire voter une résolution rappelant que seule la solution des deux Etats est à même d’assurer la paix entre Palestiniens et aux Israéliens.

Adoptée avec 228 voix pour et 188 voix contre, cette résolution n’est pas « contraignante ». Elle n’en est pas moins un désaveu de la politique de Donald Trump, alignée sur les projets annexionnistes de Benyamin Netanyahou. Son adoption, de ce point de vue, n’est pas dénuée d’importance politique.

Le député démocrate qui a proposé ce texte, Alan Lowenthal, a expliqué que celui-ci était, à ses yeux, un moyen de s’opposer à la décision de la Maison-Blanche, dans le sillage du Premier ministre israélien, d’abandonner la solution des deux Etats.

Des médias américains, citant des « sources informées », ont assuré que l’adoption de cette résolution avait été accélérée par les récentes déclarations de Benyamin Netanyahou affirmant sa disposition à annexer la vallée du Jourdain. Ces déclarations elles-mêmes n’étaient pas les premières du genre : le Premier ministre israélien avait à maintes reprises évoqué l’annexion des colonies israéliennes de Cisjordanie.

Une opposition démocrate grandissante à la politique de Trump envers Israël

La résolution du Congrès confirme l’opposition grandissante des démocrates à la remise en cause fondamentale de la solution des deux Etats par Israël, avec le soutien déclaré de Donald Trump.

Cette opposition, pour rappel, s’était exprimée de façon assez brutale lorsque la candidate aux primaires démocrates, Elizabeth Warren, avait déclaré, le 19 octobre dernier, que si elle était élue et que l’Etat Israël continuait à construire des colonies en Cisjordanie, elle pourrait décider de supprimer l’aide US qui lui est accordée.

« La politique officielle américaine soutient la solution des deux Etats et si Israël prend une direction opposée, toutes les options seront envisagées », avait expliqué Elizabeth Warren.

Il ne s’agit là que de la version modérée de l’opposition démocrate grandissante à la politique annexionniste de Benyamin Netanyahou. Les députées Ilhan Omar et Rashida Tlaib, plus radicales, soutiennent, elles, la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanction (BDS), qui prône le boycott économique d’Israël afin de l’amener à se retirer des territoires palestiniens.

Ces deux députés n’ont d’ailleurs pas voté la résolution adoptée par le Congrès vendredi car jugée modérée. L’une d’elles, Rashida Tlaib, s’en est expliquée en rappelant qu’elle était favorable à une solution dans le cadre d’un seul Etat israélo-arabe.