Le collectif de la société civile pour la transition démocratique dresse un tableau noir de l’action du pouvoir algérien face à la pandémie du coronavirus, alors que sa diffusion est au seuil de sa courbe exponentielle en Algérie. Dans un communiqué le collectif accuse le pouvoir de tenir « un discours irresponsable sur la dangerosité de la pandémie », de « cacher la vérité aux algériens », de « nier le déficit colossal en capacité de prise en charge pour faire face à l’ampleur de l’épidémie », de ne pas « mobiliser les moyens de sensibilisation à l’échelle du pays sur le risque contagieux et de n’avoir « pris aucune mesure de confinement des foyers infectés ». Résultat : des « millions d’Algériens vaquent à leurs occupations dans les villes, les marchés, les agoras, les mosquées, les restaurants, les cafés et bars, les salles des fêtes ou de sport, les transports publics. », déplore le collectif.  

En conséquence, le collectif appelle les autorités Algériennes à assumer leurs responsabilités et à prendre dans les plus brefs délais les mesures de « confinement, de sensibilisation et d’approvisionnement en moyens de protection » et de « cesser de vouloir tirer profit de cette crise, et stopper la propagande qui impute la responsabilité du risque de dissémination du virus aux seules marches du Hirak »

Suspension des marches

le collectif juge que la suspension des marches, à titre provisoire, est souhaitée par beaucoup d’activistes et d’acteurs du Hirak.  « Dans les prochaines semaines, la priorité du Hirak sera la solidarité nationale pour sauver le maximum de vies. Il assumera sa part de cette solidarité sous les formes innovantes qu’il a pris l’habitude de créer devant chaque épreuve. C’est pourquoi, notre collectif, partie prenante du Hirak, agira pour préserver la dynamique populaire sans l’exposer au risque de contagion inhérent aux marches. », affirme le collectif qui invite les Hirakistes à remplacer temporairement les manifestations par des « initiatives citoyennes, telles que : – Poursuite de l’expression, sous d’autres formes que les marches, des revendications du Hirak, de la solidarité avec les détenus… le génie populaire solidarité nationale, Pour le plus grand bien du projet d’un Etat civil et non militaire et pour une Algérie libre et démocratique.»