Le hirak, c’est la silmiya, toujours la silmiya

Beaucoup d’Algériens sont venus assister, mercredi, avec émotion à l’enterrement du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah au cimetière d’El Alia, à Alger. Notre reporter a montré, qu’au-delà des instrumentalisations politiques évidentes, il y avait de l’émotion et que ceux qui sont venus à l’enterrement ne sont pas opposables à ceux qui marchent les mardis et les vendredis. Mais il y a eu aussi cette scène d’un jeune poursuivant la voiture où se trouvent des hauts-gradés qui hurle que le « peuple vous a donné le feu vert » et qui continue, enflammé, « le vendredi, celui qui sort, nous on lui coupe la tête ».

La vidéo a été diffusée d’abord dans une page qui soutient le régime avant d’en être retirée, signe que les gestionnaires de la page se sont rendus compte de l’énormité de cet appel au meurtre. Mais de nombreux internautes l’avaient déjà enregistré et diffusé son contenu glaçant.

Il faut le dire et le répéter, les appels à la violence et au meurtre ne sont pas acceptables et aucune raison ne peut les justifier. Encore moins, l’émotion sincère et partagée un jour d’enterrement. Les Algériens qui ont arrachés le droit de manifester pacifiquement doivent pouvoir le faire sans être menacés. La vidéo a suscité un mouvement, compréhensible, de répulsion générale sur les réseaux sociaux. L’occasion également pour de nombreux internautes de rappeler ce qui fait la particularité du hirak algérien: sa silmiya, son caractère résolument pacifique.