Procès en appel: Karim Tabbou fait un pic de tension, ses avocats interdits de le voir
Nouveau report du procès de Karim Tabbou/ DR

En détention provisoire depuis la fin du mois de septembre, poursuivi pour « incitation à la violence » et « atteinte au moral de l’armée », Karim Tabbou devra attendre encore jusqu’au 11 mars pour connaître son sort.

Ainsi en a décidé la juge à l’issue d’un procès qui s’est déroulé tard dans la nuit et où les forces de police sont intervenues de manière musclée pour disperser les très nombreux Algériens venus aux abords du tribunal de Sidi M’hamed pour soutenir l’ancien premier secrétaire du FFS et chef de l’Union démocratique et sociale (UDS), parti non encore agréé.

Près de 180 avocats venus de nombreuses régions du pays se sont constitués pour défendre le militant politique qui, cas unique en son genre, avait été remis en liberté le 25 septembre par un juge avant de se faire arrêter douze heures plus tard et remis en détention provisoire.

D’autres personnalités qui avaient été touchées par la vague d’arrestation contre les figures de la contestation, comme le commandant Lakhdar Bouregaa et Fodil Boumala étaient présents au tribunal de Sidi M’hamed pour soutenir Karim Tabbou contre lequel le procureur de la république a requis une peine de quatre ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende.

Karim Tabbou dont le père âgé de 85 ans et sa mère étaient présents dans la salle s’est défendu d’avoir porté atteinte à l’unité nationale et a défendu son droit constitutionnel à la libre expression.

Il a indiqué avoir subi des violences à la caserne Antar où il avait été emmené mettant au défi le ministre de la justice d’ouvrir une enquête à ce sujet. Le militant politique a raconté comment il avait été littéralement « kidnappé » le 11 septembre par les services de sécurité pour être emmené à la caserne a Antar où, a-t-il dit, il a été copieusement insulté et fait l’objet de violences physiques.  « Je mets le ministre de la Justice au défi d’ouvrir une enquête sur ce que j’ai subi à Antar. J’ai comparu devant le juge d’instruction en ayant des bleus sur les mains. Les conditions de détention étaient désastreuses, j’ai passé 20 sur 24 heures en isolement total. J’étais isolé de l’humanité ».

Me Mostefa Bouchachi a relevé plus tard dans sa plaidoirie qu’au regard de la loi, il n’y a pas besoin d’attendre que le ministre de la justice réagisse mais que le procureur, lui-même, en entendant ces accusations devrait prendre l’initiative d’enclencher une procédure. Mais que les choses ne fonctionnent pas ainsi… en l’absence d’un Etat de droit. 

Les avocats ont mis en exergue dans leurs plaidoiries les vices de procédure et l’aberration de l’arrestation de Karim Tabbou après avoir été libéré sur une décision de justice. Ils ont souligné que le dossier de l’accusation était « vide »

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