Dan sa rencontre avec les responsables des médias diffusées vendredi soir sur plusieurs médias, le chef de l’Etat a abordé les financement des mesures exceptionnelles de lutte contre la propagation de la pandémie Covid-19 ainsi que la relance économique. M. Tebboune a écarté d’emblée les possibilités de recourir à la planche à billets et l’endettement extérieur. Il préconise à leur place l’endettement intérieur, pour des raisons d’ « autonomie et d’indépendance de la décision », soutient-il. Le chef de l’Etat a, toutefois, estimé cette mesure sera accompagné d’une certaine austérité. Certains projets et investissements jugés « non stratégiques » seront suspendus. Aussi, les dépenses de fonctionnement de l’Etat seront réduites de 30%, a- t-il expliqué.    

Quant à la chute des cours du pétrole ainsi que les modalités de relance de la machine économique, M. Tebboune estime que la crise pétrolière n’est pas une crise structurelle et que les prix du baril ne tarderont pas à revenir à leur niveau habituel notamment avec l’entée en vigueur de la production relative à l’accord de l’OPEP+.

« Cette situation, certes difficile est d’ordre conjoncturel. A vrai dire, elle ne nous inquiète pas davantage que cela car nous envisageons sérieusement de mettre un terme à la dépendance aux hydrocarbures», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Nous devons nous mettre à produire localement tout ce qui est en notre portée à commencer par les produits agricoles et agroalimentaires, qui représentent environ 25 milliards de dollars. Nous avons le potentiel humain et technique qui nous permet d’aller vers un nouveau modèle économique indépendant. De plus, nos réserves de change sont stables, quoi qu’on en dise, et il faudra désormais compter avec une nouvelle conception des importation et des investissements car le temps du gaspillage est révolu .»

A ce titre, le chef de l’Etat a révélé avoir ordonné au gouvernement de rédiger un cahier des charges destiné au lancement de projets d’extraction des terres rares et lancé des consultations sur la production de certains produits de première nécessité, à l’image du sucre et de l’huile alimentaire, dans le sud du pays (prévue pour la fin de l’année). D’autre part, il a réaffirmé son engagement pour le développement des startups et de l’économie du savoir, à travers la promotion et l’encouragement des jeunes porteurs de projets algériens.