Un ambassadeur de a société civile algérienne

Les Algériennes et les Algériens découvrent avec admiration l’audience internationale de l’icone de la chanson kabyle Idir. Les titres de la presse internationale, les tweets et messages de chefs d’Etat et les hommages d’une grande originalité dans les rues des grandes villes européennes attestent de la présence internationale de ce chanteur qui malgré son exil prolongé a tenu à garder sa nationalité algérienne unique.

Idir n’a pas été élu lors d’un scrutin organisé. Il n’est pas issu d’une élection. Il n’a pas fait carrière dans les appareils politiques ou administratifs. Il n’est pas parrainé par une institution. Idir a puisé dans le patrimoine culturel national, dans le terroir kabyle et avec un talent inégalé, il a produit une œuvre reconnue mondialement qui fait la fierté des Algériens.

Le Hirak du 22 Février 2019 a durant plus d’une année  rehaussé l’image de l’Algérie dans le monde. D’ailleurs la filiation de Idir avec le mouvement de la société civile est incontestable. C’est lui qui déclare en Avril 2019 : « J’ai tout aimé de ces manifestations : l’intelligence de cette jeunesse, son humour, sa détermination à rester pacifique (…) J’avoue avoir vécu ces instants de grâce depuis le 22 février comme des bouffées d’oxygène. Atteint d’une fibrose pulmonaire, je sais de quoi je parle. De toute façon, nous sommes condamnés à réussir. Continuons donc à réfléchir en termes de nation algérienne vers le progrès. Si nous restons unis, rien ni personne ne pourra nous défaire ».

A son tour, comme pour prendre le relais en cette période difficile de crise sanitaire et de restriction des libertés, Idir révèle également avec éclat une autre Algérie, celle de la culture, celle de la liberté, celle de l’intelligence et de la créativité. L’émotion qui étreint les Algériennes et les Algériens déjà envoutés par sa production artistique, s’amplifie de jour en jour. C’est un puissant mouvement populaire qui ne connait pas de frontière qui se déploie sous nos yeux et fait voler en éclat les cloisons artificielles dressées par les obscurantistes et les chauvins. C’est ce mouvement sans frontière porteur de paix, de solidarité et d’amitié entre les peuples qui témoigne de l’activité discrète, régulière et tenace de Idir dans son rôle d’Ambassadeur de l’Algérie, de véritable diplomate de l’Algérie.

Sans le soutien d’un Etat, sans compromission, sans marchandages, il a semé les idées de liberté et d’humanité. Il a mérité de son pays. Il a mérité de sa société civile implantée dans le pays et au delà. Rendre hommage à Idir, c’est s’identifier avec les valeurs qu’il a portées. Toute la Nation devra préparer l’hommage grandiose qu’il mérite.