Les critiques ont fusé sur les réseaux sociaux après la diffusion jeudi 19 décembre au soir d’un reportage de la télévision étatique d’un reportage où entend notamment un homme évoquer des « autochtones d’Oran » qui seraient, selon lui, contre le Hirak.

« Nous avons vu sur les réseaux sociaux que les autochtones d’Oran sont contre la venue des manifestants d’ailleurs pour gâcher la joie d’avoir élu un président », a affirmé l’homme en question.

Dans le reportage (en bas de l’article), une série de prises de paroles de personnes identifiées qui dure un peu moins de 3 minutes, les intervenants affirmaient tous leur opposition au Hirak.

Après la violente répression des manifestations à Oran la semaine dernière, de nombreux activistes et journalistes ont affiché leur solidarité en se déplaçant vers la capitale de l’ouest pour participer aux manifestations de ce vendredi, 44e rendez-vous de mobilisation du Hirak depuis le 22 février.

Parmi eux, des élus du RCD dont le député Atmane Mazouz. Ce dernier a indiqué sur sa page Facebook qu’il a été arrêté par les gendarmes au niveau de Chlef et contraint, avec ses compagnons, de rebrousser chemin et de retourner à Alger sous escorte.

C’est en partie à ces manifestants solidaires que fait référence le commentaire sur « les habitants originaux d’Oran » et qui laisse entendre à tort que tous les manifestants viennent d’ailleurs.

« Quand la télévision publique en arrive à diffuser la haine et la division et parle des habitants originaux d’une ville, cela veut dire que la haine est un projet du pouvoir », a commenté sur sa page Facebook Redouane Boudjema, enseignant à la faculté d’information et de communication à Alger.

« La télévision algérienne concurrence la radio des milles collines », a-t-il ajouté, en référence à la radio qui a joué un grand rôle dans la guerre civile au Rwanda en 1994 à travers l’incitation à la haine.

« La télévision publique incite à la violence et à la division entre les habitants d’Oran », a écrit pour sa part sur sa page Facebook le journaliste Amar Lachemot.

« Oran qui organise dans une année les jeux méditerranéens devient une ville habitée par des autochtones. Criminel », s’est indigné le militant pour les droits de l’Homme Moumen Khelil.

« Après le mythe des « zouaves », le pouvoir s’enfonce encore plus bas et fait appel à la dualité « autochtone/étranger ». Vous allez utiliser quoi après ça pour diviser le peuple? la longueur des cheveux? », a ironisé le journaliste Nassim Brahimi.

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Gepostet von ‎Télévision Algérienne – المؤسسة العمومية للتلفزيون الجزائري‎ am Donnerstag, 19. Dezember 2019