Nous avons mentionne’ dans notre première partie réservée  au  gaz de schiste, le côté obscur du boom énergétique qui se dresse devant nous  rendant le topo de plus en plus difficile à ignorer.

Le schiste a pu provoquer  « l’abondance » dans le domaine gazier et avec un prix de 1.84 Usd /Mmbtu (source NYMEX 31 janvier 2020), les producteurs américains ne gagnent tout simplement pas d’argent. 

Devin McDermott, analyste chez Morgan Stanley (source Bloomberg)   considère que  les exportations de gaz naturel liquéfié américain, n’apportent que peu de soulagement, car le marché international est également surchargé. Selon toujours l’expert,  l’industrie est victime de son propre succès et on n’a  pas seulement une offre excédentaire aux États-Unis, on a aussi une deuxième offre excédentaire en Europe, une 3ieme offre excédentaire en Asie  donc,  une grande offre excédentaire à travers le monde.

La situation  a fait en sorte  à ce que    les prix du gaz plongent  dans le marasme depuis un certain temps. Pour preuve,  L’indice de référence Henry Hub, du nom d’une installation  pipeline en Louisiane, a chuté pendant trois ans consécutifs, et c’est le résultat d’une combinaison de facteurs surtout que  L’hiver se révèle exceptionnellement chaud, que dire  des niveaux de stocks supérieurs à leur moyenne saisonnière.

Les valeurs à terme ont fini par convaincre  les commerçants lesquels ne s’attendent pas à ce que les prix du gaz dépassent 2,60 $, même pendant les mois les plus froids, lorsque la demande atteint généralement le summum. Selon McDermott, les compagnies US ont besoin  à ce que le gaz soit d’au moins 2,50 $ pour générer des flux de trésorerie disponibles et à  court terme, nous ne pensons pas qu’il soit réaliste de voir un prix de 2,50 $ », a-t-il déclaré.

Monsieur McDermont a raison. La posture boursière des entreprises américaines opérant surtout en schiste,  dévoile des détresses successives. Chesapeake Energy Corp, par exemple,   l’avant-gardiste de la fracturation hydraulique   fait marche arrière dans une aventure non  rentable mais destructrice. 

Elle se débat avec plus de 9 milliards de dollars de dette depuis qu’  elle  avait averti, deux mois avant,  qu’elle  pourrait faire faillite. Or, une petite vérification des valeurs en bourse laisse encore le curieux plus pantois que médusé’. De 63,99 dollars en Juin 2008, mois fort du creusage de puits,  le prix de l’action se dégringolait  sur 11 ans  pour arriver 0,52 dollars le 31 janvier 20120.

Même son de cloche chez  EQT Corp, le plus grand producteur national de gaz qui  déclaré dernier décembre qu’il  subirait une dépréciation pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars pour le quatrième trimestre, en partie à cause des bas prix du gaz .

Les difficultés ont touche’ aussi  les géants mondiaux de l’énergie qui ne trouvent  pas à l’abri comme Chevron/Corp avec les dépréciations de 11 milliards de la valeur de ses actifs. D’autres producteurs, dont Cabot Oil & Gas/Corp ainsi que  Range Resources/Corp., réagissent en prenant la hache des dépenses en capital. Utile de souligner que  cela n’a  pas mis  encore en péril la production américaine bien qu’il faut mesurer la non  incidence immédiate  de cette même  production  en matière de «gaz sec», qui exclut les hydrocarbures liquides, laquelle devrait augmenter de 3% pour atteindre 95 milliards de pieds cubes ( 1m3 = 35 Pc) par jour /pour  cette année  que nous entamons, un nouveau record, qu’avait  annoncé fin décembre la U.S.Energy Information Administration.

Mais le lobby énergétique qui tient garnison dans le parti républicain se moque encore  de celui qui a dit un jour « on ne creuse pas ici au Vermont » . Il s’agit  Bernie Sanders  l’ex candidat démocrate à la candidature   présidentielle et  sénateur de  cet Etat. Le syllogisme  de l’investissement gazier   a fait rêver  puisque  des débouchés de l’offre excédentaire ont vu l’émergence d’un nouveau secteur américain d’exportation de gaz naturel liquéfié.

Depuis que la première cargaison de carburant super refroidi, le «gaz de la liberté», comme le  qualifiait l’administration Trump, a pris le large il y a quatre ans, le pays s’est triomphalement hissé au premier rang des fournisseurs mondiaux. Aujourd’hui Cette réussite semble avoir calé. La Chine avait  imposé des droits de douane sur le GNL américain, coupant effectivement un marché important. Malgré la première phase de l’accord commercial  récemment conclu dans lequel la Chine avait  accepté d’acheter 52,4 milliards de dollars supplémentaires de produits énergétiques américains, y compris le GNL, il n’est pas clair si des incidences vont peser sur les tarifs. Pendant ce temps, les prix internationaux du GNL ont chuté, et la question se pose de savoir si le marché mondial peut accepter toute l’offre disponible.

En fin la chicane du propre et du polluant prend de l’ampleur pour le gaz de schiste décrié’  mais pour  le gaz en général présenté par les cartels  comme un carburant «plus écologique» permettant aux services publics de réduire leurs émissions …  en marche  vers un avenir sans carbone. Toutefois , les changements climatiques tendent chaque jour à démentir   cette thèse dans un pays où une association environnementaliste comme la Sierra Club  qui gonfle chaque d’adhérents  . Résumé’ de la bataille :  tout un  gaz  aujourd’hui attaqué dans certaines régions des États-Unis par des législateurs cherchant à interdire  carrément tous les combustibles fossiles.