Au Palais du peuple, à Alger, la dépouille mortelle du général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, décédé des suites d’une crise cardiaque lundi 23 décembre, arrive tôt le matin, vers 6 h 45, ce mercredi.

Le cercueil couvert de roses et des couleurs nationales est déposé au milieu du palais accompagné de musique funèbre de la Garde Républicaine. Des centaines de citoyens s’impatientent devant la porte pour entrer jeter un dernier regard sur le chef d’état-major de l’armée.

Vers 8 h, Sabri Boukaddoum, Premier ministre par intérim, est le premier officiel qui arrive sur les lieux, suivi de Salah Goudjil, président du Conseil de la nation par intérim, Abdelkader Bensalah, ex-chef d’Etat par intérim, l’ambassadeur des Etats Unis à Alger et d’autres ministres.

Le président Abdelmadjid Tebboune entre vers 8 h 20. Après lecture de la Fatiha devant la dépouille mortelle, le chef de l’Etat salue les quatre enfants du défunt. Les officiers supérieurs de l’ANP, à leur tête le général major Said Chengriha, chef d’état-major par intérim de l’ANP, sont également présents.

Autant que la garde rapproché du vice-ministre de la Défense arrivée au complet.  Devant le portail d’entrée, les citoyens sont nombreux. Les présents scandent des slogans à la gloire du défunt : « Djich Chaab khawa khawa, Gaid Salah maah chouhada » (Armée peuple sont frères, Gaid Salah avec les martyrs), « Gaid Salah ould al thoura, Gaid Salah ya el ostara » (Gaid Salah fis de la Révolution, Gaid Salah est une légende), « Gaid Salah ya el mighouar hmit chaab kbar ou sghar » (Brave Gaid Salah, vous avez protégé le peuple petits et grands). Des délégations étrangères, venues notamment de Tunisie et des Emirats arabes unis, assistent à la cérémonie.

« Wlad frança à la poubelle ! « 

Vers 8 h 40, les barrières sont levées pour laisser les citoyens entrer au Palais du peuple après la sortie des officiels. Accès limité en raison de l’affluence des citoyens venus de plusieurs wilayas (Djelfa, Ouargla, Guelma, Constantine, Laghouat, Batna, Mascara, etc).

Des slogans sont scandés une nouvelle fois par la foule s’attaquant directement à la France. « Wlad frança à la poubelle » répètent les présents. Selon eux, Gaid Salah a su « plier le bras » des « relais de la France » en Algérie.  « Pour nous, Gaid Salah part après avoir accompli son devoir national comme il se doit. Il a débarrassé le pays de la Issaba (bande) et sauvegardé la stabilité de l’Algérie », déclare Kamel, venu de Hassi Bahbah avec un groupe d’amis.

« Nous sommes venus lui dire au revoir pour le remercier pour tout ce qu’il a fait pour l’Algérie », reprend Abdelkader, le drapeau sur les épaules. Une pancarte souligne que Gaid Salah a évité au pays un bain de sang. « Oui, parce qu’il a refusé que l’armée sorte dans la rue réprimer les manifestations pacifiques en Algérie. Il a accompagné le Hirak comme il l’a promis« , insiste Lokman, venu de Guelma.

Vers 11 h, tous les délégations officielles se déplacent au cimentière d’El Alia, à 15 km du Palais du peuple, où Gaid Salah sera enterré au Carré des Martyrs, aux côtés des anciens chefs d’Etat, Houari Boumediène, Mohamed Boudiaf et Ahmed Ben Bella. Des côtés de la rue Franklin Roosevelt, les citoyens sont amassés pour attendre la sortie du cortège funéraire qui quitte le Palais du peuple en fin de matinée aux cris « d’Allah oua akbar » et des youyous.