Manifs
Les Algériens ne votent pas, ils marchent – Ph Latifa Abada

1. L’élection présidentielle du 12/12 est un non-événement. Elle ne change rien à la dynamique de la confrontation historique en cours entre le peuple et le régime, entre la révolution populaire démocratique pacifique et la contre-révolution agressive et stérile, entre l’avenir et le passé.

2. Le régime est aujourd’hui dans ses derniers retranchements. En dévoyant les principes de base de la politique, en mentant sans vergogne, en réprimant le peuple, en tentant de le diviser, qu’espère-t-il ? En tentant de recycler l’inrecyclable, en jouant sur tous les ressorts de l’indécence et du cynisme, en se moquant de l’honnêteté et du patriotisme des Algériens, qu’espère-t-il ? Gagner quelques jours, quelques semaines, quelques mois ? Car, à part d’autres malheurs, on ne voit pas ce qu’il peut dorénavant apporter. A ce stade, le régime ne peut même plus faire de promesses ou produire des illusions. Dénué de la sagesse de comprendre la situation réelle et la nécessité vitale d’un consensus entre tous les Algériens pour la démocratie et l’État de droit, il ne lui reste plus que le recours à la violence contre le peuple, la répression aveugle et stérile.

3. Face à lui, au-dessus de lui, au devant de lui, le peuple n’a plus rien à perdre ou à craindre de plus. Il est déterminé à se battre jusqu’à la victoire de son idéal de liberté, de souveraineté, de dignité. Dix mois de lutte ne l’ont pas fatigué. Au contraire, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, sa conscience s’est élevée, sa volonté s’est affermie, sa détermination s’est accrue. Il est décidé à forger lui-même son destin, un destin digne de son histoire.