Les agences algériennes de voyages sont touchées de plein fouet par la crise liée à l’arrêt des activités en raison du confinement sanitaire. Le Syndicat national des agences de tourisme et de voyage (SNAV) a multiplié les appels ces derniers temps pour sauver le secteur. Bachir Djeridi, président de ce syndicat, a parlé de la baisse drastique des recettes des agences en raison de la pandémie du Coronavirus. «Un grand nombre de travailleurs du secteur risquent de prendre leur emploi à cause de cette situation. Et, plus de 3400 agences de tourisme et de voyage risquent de mettre la clé sous la porte faute de recettes en raison du gel des activités touristiques», a-t-il alerté dans une déclaration à l’agence APS. Tewfik Midoune, président du Syndicat national des agences de voyage de l’Ouest, a, lui, aussi lancé un autre cri d’alerte. « La crise est arrivée au moment où nous préparions les packages pour les vacances au Sud du pays et à l’étranger ou pour les voyages de Omra durant le Ramadhan. Toutes les agences du pays sont fermées depuis mars 2020. Elles resteront fermées tant que les avions demeureront cloués au sol. Cette situation nous revient cher, car nous avons des charges à honorer et un personnel à payer. Plus de 10.000 travailleurs sont à l’arrêt forcé », a-t-il déclaré à l’APS. Des propositions ont été faites pour « limiter les dégâts » comme l’annulation des paiement versés à la CASNOS (charges sociales) et non par leur report et l’annulation des charges fiscales et parafiscales durant cette période puisque les agences n’ont eu aucune activité depuis le début du confinement en mars dernier.

« Plan de sauvetage »

Le syndicat a saisi le Premier ministre Abdelaziz Djerad pour proposer notamment d’utiliser la taxe de 2500 dinars versée par chaque candidat à la Omra, à l’Office du Hadj et de la Omra, comme fonds de garantie pour aider les agences et pour éviter de recourir aux caisses de l’Etat qui fait face déjà à une crise financière en raison de l’effondrement des recettes des hydrocarbures. « Les aides doivent être basées sur le chiffre d’affaires réalisé par les agences pour connaître ceux qui sont en règle avec les services des impôts. L’Etat dispose des moyens nécessaires pour vérifier ces données pour l’étude des indemnités, à faire au cas par cas », a proposé Tewfik Midoune. Le SNAV a élaboré « un plan de sauvetage » pour sortir de la crise et se préparer à l’après Covid-19, transmis aux autorités. En plus des exonérations fiscales, ce plan porte sur l’octroi de compensations financières directes aux agences « afin de leur permettre de payer les salaires du personnel et préserver les emplois ».Les responsables des agences disent n’être plus en mesure de payer leurs salariés durant les prochains mois, si les activités ne reprennent pas. Hassane Mermouri, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, a rencontré dernièrement les représentants du SNAV, de la Fédération nationale des Associations des agences de tourisme et de voyage (FNAT) et de la Fédération nationale des hôteliers algériens pour étudier les répercussions de la crise sanitaire sur le secteur du tourisme et du voyage. Mermouri a promis que les propositions des professionnels du secteur seront étudiées « avec le plus grand sérieux » dans le cadre du Plan d’action du gouvernement « afin de soutenir et assister les opérateurs » du secteur.