les Algériens rapatriés de Wuhan, autorisés à quitter leur lieu de confinement
Capture d’ecran

L’avertissement publiée sur la page de garde du site https://www.medrxiv.org/ mérite d’être signalé d’emblée afin de relativiser les choses: les pré-impressions « sont des rapports préliminaires de travaux qui n’ont pas été évalués par des pairs. Ils ne doivent pas être utilisés pour guider la pratique clinique ou les comportements liés à la santé et ne doivent pas être rapportés dans les médias comme des informations établies. ».

Une modélisation des risques de propagation du Coronavirus dans le continent africain réalisée par une équipe internationale publiée sur le site medrxiv.org classe l’Algérie, l’Egypte et l’Afrique du sud comme les pays africains les plus menacés par une arrivée du virus.

Sur les 23 pays qui ont notifié à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des cas d’infection par 2019-nCoV importé de Chine, aucun n’est africain. Le constat est fait par les auteurs de la modélisation du risque qui relèvent toutefois que la “gestion et les contrôle des  introductions 2019-nCoV dépendent fortement des capacités de santé publique d’un pays”. En clair, l’absence de signalement n’est pas forcément une preuve que le virus n’a pas été importé. La modélisation évalue donc “l’état de préparation et la vulnérabilité des pays africains par rapport à leur risque d’importation de 2019-nCoV.”

Les critères retenus sont les volumes des voyages aériens vers les pays africains en provenance des aéroports des provinces touchées en Chine et la capacité de ces pays à détecter “ à détecter les cas et à y répondre. Deux indicateurs sont retenus: l’état de préparation de ces pays apprécié à partir du “ cadre de suivi et d’évaluation du Règlement sanitaire international de l’OMS”. La vulnérabilité appréciée  “avec l’indice de vulnérabilité aux maladies infectieuses.” 

En combinant donc les flux des voyageurs à partir de régions infectées de Chine et l’état du système sanitaire des pays africains, les auteurs de la modélisation constatent que les “pays les plus exposés aux risques d’importation (Égypte, Algérie, République d’Afrique du Sud) ont une capacité modérée à élevée de riposte aux flambées.”

Les indicateurs de capacité et de vulnérabilité servent de base à l’évaluation de la probabilité d’introduction d’un cas importé de Chine.Quand l’indice de capacité est grand, celui de la vulnérabilité est bas. L’indice de capacité de l’Algérie de 76 sur 100, son indice de vulnérabilité est de 49 sur 100. L’Egypte a une capacité de 87 sur 100 et une  vulnérabilité de 53 sur 100. Pour l’Afrique du sud, de capacité est de 62 et la vulnérabilité de 69.

La Chine en quarantaine
Classés pays à risque modéré, le Nigeria, l’Éthiopie, le Soudan, l’Angola, la Tanzanie, le Ghana, le Kenya “ont une capacité variable et une grande vulnérabilité”. “Trois grappes de pays sont identifiées et partagent la même exposition au risque provenant respectivement des provinces de Guangdong, Fujian et Pékin”, indiquent les auteurs de la modélisation. 

“Plusieurs pays africains intensifient leur préparation pour détecter et faire face aux importations de 2019-nCoV” lit-on dans l’abstract de la modélisation qui se veut surtout une alerte à la prise de mesures efficaces pour éviter l’importation. Des mesures qui sont d’ailleurs déjà prises.

Air Algérie, après avoir réalisé le 3 février, un vol spécial d’évacuation  depuis l’aéroport de Wuhan-Tianhe, dans la province de Hubei pour ramener des étudiants algériens, tunisiens, libyens et mauritaniens – placés en quarantaine- a décidé de suspendre ses vols réguliers vers Pékin. Pratiquement, toutes les compagnies les compagnies aériennes africaines qui desservent la Chine ont décidé de suspendre leurs liaisons. Autant dire que la Chine est mise en quarantaine par le continent africain.