Blida confinée
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A Blida, le confinement sanitaire total profite d’abord aux mandataires et grossistes de fruits et légumes. Partout, les prix flambent. La fermeture partielle de certains souk de la ville des roses arrange « les affaires » de quelques commerçants. Les deux marchés de gros de la wilaya, Bougarra et Boufarik, sont ouverts. Lors des premiers jours du confinement, les marchands avaient des difficultés à circuler et à rallier ces deux marchés, ce qui a provoqué une perturbation. La situation semble se normaliser mais cela n’a aucune répercussion encore sur les prix des produits frais qui ont doublé ou triplé. Les légumes de saison comme les petits pois, les fèves ou les artichauts sont aussi chers qu’en début de récolte : 140 dinars pour les petits pois et 120 dinars pour les artichauts. La distribution du lait en sachet est perturbée ces derniers jours. Dans certains commerces, des files se constituent dès les premières heures de la matinée. « Les gens ont tendance à faire des stocks de lait chez eux, cela crée la rareté du produit », témoigne un commercant. A Blida, la demande sur la semoule est aussi forte que dans les autres régions du pays. Les minoteries de la Mitidja, comme celles du groupe public Agrodiv, fonctionnent à plein régime pour assurer la disponibilité de la semoule et de la farine avec ouverture de points de vente.

Cri de détresse à Bouarfa

Des citoyens de la commune de Bouarfa, au sud de Blida, et de Hmalit, située sur la route de Chréa, ont lancé un SOS pour apporter de l’aide aux familles démunies et aux travailleurs journaliers qui n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs proches. Des appels ont été diffusés sur les réseaux sociaux pour aider ses familles pauvres. Dans une vidéo, des jeunes bénévoles ont critiqué l’inaction du président d’APC de Bouarfa et du wali de Blida face à la détresse des familles sans ressources. « Il faut travailler avec les représentants des quartiers de Blida car ils connaissent bien les familles démunies. Des gens n’ont pas trouvé de quoi manger, d’autres ont besoin de lait pour enfant et de couches pour bébés », protestent des jeunes bénévoles. Selon eux, les autorités locales ne laissent pas entrer des dons alimentaires venus des autres wilayas. « Les responsables leurs disent que la wilaya de Blida ne manque de rien alors que c’est faux ! », dénoncent-ils. Les animateurs de la page Facebook « Mahnetna wahda » ont lancé une opération de collecte de produits alimentaires et d’argent en faveur de familles vivant en zones isolées dans la wilaya de Blida. Amine Boukemia, animateur de la page, a diffusé une vidéo appelant les commerçants à remplir un formulaire précisant leurs adresses et leurs identités. « Ces commerces vont devenir le lieu (point de chute) où les dons alimentaires seront collectés pour les personnes démunies où ceux qui peuvent payer les dettes de familles pauvres peuvent le faire aussi sur place », précise-t-il.  

Manque de transparence sur la distribution des dons

Des dons alimentaires sont parvenues à Blida de plusieurs wilayas dont Biskra, El Oued, Tipaza et Boumerdes. La population de Blida s’interroge comment ces dons sont distribués. Les autorités de la wilaya communiquent peu sur les mécanismes de partage des aides sur les quartiers de la ville des roses et sur les localités de la wilaya. Le Croissant rouge algérien (CRA) est sollicité pour certaines opérations mais cela paraît peu compte tenu des demandes exprimées dans certaines zones isolées notamment du côté de Chréa , de Hamam Melouane ou de Chebli. Les 33 issus vers Blida, à partir des axes autoroutiers, sont fermés par la gendarmerie nationale qui pris des dispositions particulières pour les camions transportant des dons ou des fruits et légumes. Les conducteurs peuvent circuler sans autorisation spéciale. Pour les autres conducteurs voulant sortir de la wilaya de Blida, ils sont obligés d’avoir une autorisation administrative du chef de daira du lieu de résidence. Des citoyens se sont plaints de « la bureaucratie » au niveau des dairas de Blida où il faut attendre plusieurs heures pour les avoir alors que des situations d’urgence existent.

Bousculade aux bureaux de poste

Les bureaux de poste de Blida, notamment à Ould Yaïch et au centre ville, connaissent des bousculades depuis plusieurs jours. Il n’existe aucune organisation des files d’attente pour respecter « la distance de sécurité » entre les clients. De longues files d’attente se sont constituées aussi devant les stations service. Certaines stations ont fermé sans aucune explication. Samedi 28 mars, Mohamed Arkab, ministre de l’Energie, qui connait parfaitement la région de Blida, a rassuré quant à la disponibilité des produits pétroliers notamment au niveau principal dépôt de Chiffa, à l’ouest de Blida. Naftal a augmenté le nombre de rotation pour la distribution du carburant et des bouteilles de gaz. Cela n’a pas empêché la pénurie d’apparaître. Des boulangeries et autres commerces « essentiels » ont fermé boutique alors qu’ils censés restés ouverts pour assurer la continuité du service public. Le direction du commerce de Blida a, selon des sources informées, envoyé des mises en demeure à tous les magasins pour ouvrir en 24 heures, sous peine de retrait du registre de commerce.