Le « confinement partiel » a été réduit dans certaines wilayas. Sa durée pourrait bien être adaptée aux horaires du jeûne.

Le déconfinement total n’est pas à l’ordre du jour

Tour à tour le Directeur Général de l’Institut Pasteur (IPA), le Dr Derrar, le Ministre de la Santé, Mr Benbouzid, et Dr Berkani, membre du Comité Scientifique de Surveillance et de Suivi de l’épidémie du Covid-19, sont revenus dans des déclarations à la presse sur l’opportunité du déconfinement en Algérie. Pour le Dr Berkani « Le déconfinement n’est pas encore à l’ordre du jour ». Le nombre de cas, autour d’une centaine, ainsi que le nombre de décès, une dizaine par jour, ne permet pas d’envisager de lever les mesures de déconfinement dans les jours à venir.

Le DG de l’Institut Pasteur, qui annoncé que 1000 tests de dépistage sont effectués par jour, dont 500 par l’IPA, a prévenu qu’une « deuxième vague » de contamination n’est pas à écarter car le pays vit une situation de « stabilité précaire ».

Le ministre de la santé confirme également, dans une déclaration à l’APS, qu’il n’est pas « question de déconfiner pour le moment (le confinement a été rallongé jusqu’au 29 avril en cours), d’autant que le Ramadan est un mois de rencontres, de sorties, etc. Cela risque d’affecter tout le travail qui a été fait jusqu’à présent et ayant permis de stabiliser la situation ». Mr Benbouzid précise que s’il y a déconfinement, il « touchera plus la wilaya de Blida, en confinement total, que les autres wilayas qui sont en confinement partiel ».

Mais en quoi consiste le confinement partiel dans les wilayas, aussi bien celui qui est appliqué entre 17h et 07h que celui de 19h à 07h ? Il consiste en fait en la fermeture de toutes les écoles et des universités,  celle des commerces considérés comme non essentiels, des mosquées et des stades de compétition sportive, ainsi que la suspension de tous les moyens de transport aussi bien aérien que terrestre. Ces mesures, et l’absentéisme  dû à la suspension du transport, ont eu un effet indéniable sur la non propagation du virus.

Les autorités envisagent de maintenir les mesures de confinement en raison de la stabilité très précaire de l’évolution de la pandémie, qui risque de repartir à la hausse si les mesures qui sont à l’origine du ralentissement de la propagation venaient à être levées.

Adapter les horaires du confinement partiel au jeûne

Pendant ce mois sacré de Ramadan, il serait plus judicieux d’adapter aux horaires du jeûne. D’autant plus que les regroupements pendant ce mois sont plutôt fréquents pendant les soirées. Et il sera moins difficile aux citoyens de se confiner après le f’tour que dès 17h, d’autant que les journées deviennent de plus en plus longues et de plus en plus chaudes. Le Ramadan ne finira que le 23 Mai. Et on sera en été. Ceci permettra également à ceux qui continuent de travailler de faire leurs courses après les horaires de travail sans avoir à s’absenter pendant la journée pour le faire. Une plage horaire plus large fera éviter les rassemblements devant les magasins ouverts, surtout justes avant le début du confinement. Le passage du confinement de 19h à 15h dans certaines wilayas a eu pour effet une frénésie pendant les heures autorisées, en contradiction avec le but recherché. Les courses du Ramadhan sont très particulières. Les jeûneurs achètent jusqu’à une heure tardive avant El Adhan.  Ceux qui font leur footing ou leur marche, seuls, peuvent le faire aisément après leur travail. La ville se videra à l’heure de la rupture du jeûne, avec ou sans confinement. Ainsi, quand on rentre au coucher du soleil, on sait qu’on ne ressortira plus, pour raison de confinement. Il sera difficile, et peut être même dangereux, de garder confinés des jeûneurs dès 17h qu’après la rupture du jeûne. Les journées sont longues et les dernières heures du jeûne sont encore plus dures à vivre, surtout si on est contraints de rentrer chez soi presque 3h avant sa rupture. Et on pense aux familles qui partagent des espaces de vie réduits.

Il est plus efficace de mener une campagne sur les consignes de distanciation et du respect des gestes barrières pendant les heures ou la circulation est autorisée. Car si elles ne sont pas appliquées, la propagation continuera que l’on reste dehors jusqu’à 15h, 17h ou 19h.  Imposer le masque même artisanal, pourrait même imposé. C’est une recommandation de l’OMS et beaucoup de pays l’ont adoptée. Tout le monde aura remarqué que la distanciation sociale est de moins en moins respectée. Le discours rassurant sur l’évolution de la pandémie n’est pas étranger à ce relâchement, relevé d’ailleurs par ceux qui sont en charge de la gestion de la crise sanitaire. Il faut enfin avertir la population que la naissance de nouveaux foyers d’infection pourraient donner lieu à une révision des horaires de confinement localisé.