La chef de service d’oncologie pédiatrique au sein de l’Etablissement hospitalo-universitaire (EHU) Mustapha Pacha, Pr Houda Boudiaf, a mis l’accent sur la nécessité d’ouvrir des pavillons dans les Centres de lutte anti-cancer (CAC) et d’augmenter le nombre des lits dans les services de pédiatrie relevant des hôpitaux en vue d’élargir la prise en charge de l’oncologie pédiatrique à travers le territoire national.

S’exprimant en marge du 4e Salon national d’information sur le cancer qui se déroule du 4 au 6 février courant, la même spécialiste a affirmé que la plupart des enfants atteints de cancer, notamment des Hauts-Plateaux et du Sud, souffrent d’un manque de centres et de services spécialisés pour leur prise en charge, ce qui induit « une forte affluence sur le service de l’hôpital Mustapha Pacha, déplorant les longs trajets parcourus par ces patients en quête de soins ».

Selon le Pr Boudiaf, la plupart de ces cas privés de soins en raison de l’éloignement et du manque de centres, ou même ceux qui bénéficient de soins dans les grandes wilayas du Pays « renoncent souvent aux soins et affrontent seuls la maladie « .

Quant aux types de cancer affectant les enfants, ils sont estimés à 1500 nouveaux cas annuellement, a-t-elle précisé, un chiffre jugé « bas et maîtrisable » par rapport aux cas affectant les autres catégories et qui sont estimés à environ 45.000 nouveaux cas annuellement.

Elle a appelé, dans ce contexte, les pédiatres et médecins généralistes à la nécessité d' »un bon diagnostic afin d’éviter la prise en charge à un état très avancé de la pathologie, impactant ainsi négativement l’état psychologique et la situation matérielle des familles.

Les principaux cancers pédiatriques répandus en Algérie sont des tumeurs touchant les tissus durs, à savoir le cancer des os, du cerveau, de l’œil et des reins, à hauteur de 60% , ainsi que la leucémie et le lymphome avec 40%, lesquels nécessitent tous une prise en charge assurée par une équipe pluridisciplinaire.

Révélant dans ce cadre qu’un taux oscillant entre 80 et 90% des cas de cancer pédiatrique sont curables pour peu qu’ils soient diagnostiqués précocement, en sus d’un bon suivi de la pathologie et de la garantie des médicaments indispensables, la spécialiste a déploré les pénuries enregistrées, de temps à autre, menant à l’échec des soins.

De son côté, le chef de service de chirurgie orthopédique à l’EHU Mustapha Pacha, Pr Zoubir Kara a souligné qu’un bon diagnostic du cancer des os chez l’enfant s’impose pour garantir une bonne prise en charge de ce type de cancer.

De nombreux cas de ce type de cancer nécessitent l’amputation de la partie affectée pour éviter toute complication. Le malade doit, dans ce cas, placer une prothèse qui est très coûteuse et introuvable sur le marché, a-t-elle précisé.

Le directeur adjoint chargé des maladies chroniques au ministère de la Santé, de la population et de la réforme hospitalière, Dr Djamila Nadir a souligné que les enfants atteints de cancer étaient pris en charge au niveau des services de pédiatrie des différents établissements hospitaliers, mettant l’accent sur la nécessité de « consacrer un pavillon pour la prise en charge du cancer pédiatrique ».

Le ministère de la Santé a pris en considération cette question dans le cadre du Plan cancer 2015/2020, a-t-elle indiqué.

Le cancer pédiatrique sera bien pris en charge dans le cadre d’un large réseau médical du parcours du malade, en organisant les nouveaux CAC et en consacrant des services ou des départements à cet effet.

Par ailleurs, elle a annoncé que le ministère attendait les résultats du registre national du cancer pédiatrique récemment lancé par l’Institut national de santé publique (INSP) pour une nouvelle réorganisation, en consacrant des centres régionaux pour la prise en charge de cet aspect.