Blida confinée
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Blida se meurt à petit feu. Ce n’est pas la peste, ce n’est pas l’État mais ses propres enfants qui s’interdisent une discipline de confinement. Chaque jour nous rapporte les nouvelles de décès d’êtres connus, d’êtres qui furent bien portants et que ce virus a emporté. Par faute d’une écoute attentive du corps médical et des spécialistes à travers les chaînes tv et les journaux, les réseaux sociaux et les campagnes de volontariat, des nouvelles au quotidien de Blidéens emportés par la maladie et auxquels nous ne pouvons même pas assister à leurs enterrements, sur conseil –sur ordre plutôt des médecins- afin que la contagion n’aille pas au-delà du malheureux.

S’empêcher ainsi d’accompagner à leurs dernières demeures des êtres chers avec qui nous avions partagé des décennies de joie et de peine, voilà une torture à laquelle nous sommes assignés dans cette ville meurtrie, Blida, devenue l’épicentre du COVID-19 mais que des groupuscules d’habitants continuent d’occuper à travers les rues et cités, les quartiers et les trottoirs, allant à l’encontre des recommandations. Des cortèges de mariés avaient même été recensés jusqu’au jeudi 19 mars alors que la pandémie avait fait des ravages à Blida. Des enfants de familles connues disparaissent et ce semblant de fierté de jeunes se croyant immunisés poursuit son combat inconscient d’élimination. 

En ce dimanche 22 mars à 17H, le bilan officiel à Blida était de 110 personnes atteintes du coronavirus et 11 décès, sur un total national de 201 personnes malades et 17 décès, soit près de la moitié subie par la ville des roses. À qui la faute ?

Le personnel médical et paramédical manque du strict minimum, les centres hospitaliers sont dépassés par le nombre de malades à prendre en charge; et ni masques en nombre suffisant, ni gel, ni gants, ni blouses à jeter après consultations ne sont donnés en nombre et il semble qu’une chape de plomb soit abattue sur ce corps médical se trouvant au front, pratiquement seul. 

Les entreprises locales, le CEIMI, les associations et les personnes de bonne volonté devraient prêter main forte afin que cette pandémie voit ses chiffres diminuer, pour ne pas dire disparaître. L’arrêt des cours ne signifie point des vacances donnant lieu à des regroupements de fêtards ! C’est le confinement où la règle de distanciation d’un mètre minimum devra être respectée et les marchés au souk ou dans les grandes surfaces ne soient point bondés.

L’indiscipline devra être combattue et chacun d’entre nous se doit de réfléchir aux meilleurs moyens à mettre en œuvre afin d’apporter aide et assistance aux personnes handicapées, aux SDF, aux vieilles personnes, songer à des cours sur Internet pour les classes d’examen avec la mobilisation de nos jeunes diplômés en informatique. L’attentisme est banni tout autant que l’indiscipline ! Nous devons forger un état d’esprit batailleur avec toute cette jeunesse et deux universités devant être un exemple à travers le territoire national.

Sus à celles et ceux qui pensent à enfreindre la loi du confinement et le minima est de dénoncer ces personnes. Les choses rentreront dans l’ordre inch’Allah dans des délais courts si nous respectons les règles de confinement. Acceptons de rentrer dans le rang en ces jours de printemps, par civisme et par solidarité religieuse.