L’hôtellerie et le transport absorbent la totalité des ressources de l’enseignement supérieur. (DR)

La sortie du Pr CHITOUR, ministre de l’enseignement supérieur a choqué les syndicalistes du CNES. Il ne pouvait pas mieux dire pour déclencher une telle émotion. Avoir traité du niveau scientifique de l’université d’une telle manière cavalière ne pouvait que les indigner[1].

Cette façon bien désinvolte qui va lui assurer une large publicité, va-t-elle permettre d’engager un débat de fond au sein de la société et de la communauté universitaire pour permettre aux vraies questions d’émerger ou en resterons-nous à une manœuvre de diversion ? Ira-t-on jusqu’à nous demander : pourquoi étudie-t-on et enseigne-t-on ? Quelle accumulation du savoir connaissons-nous ? L’université est-elle un de ses centres de diffusion et d’accumulation ? Et dans un contexte qui risque de voir s’imposer la réponse des économistes libéraux qui posent depuis un certain temps le problème des coûts et des avantages de l’enseignement supérieur[2] dans le cadre plus large de l’équité de l’ensemble des subventions publiques, va-t-on se demander par quelles subventions publiques faudra-t-il commencer par s’attaquer ?

Le secteur de l’enseignement supérieur est l’un des secteurs qui absorbent une part importante des subventions publiques non ciblées dont on admet aujourd’hui qu’elles profitent moins aux catégories défavorisées qu’aux autres. Selon le Pr Benachenhou, « le point de départ (pour sortir progressivement des subventions) doit être la réforme des prix des produits énergétiques, des subventions cachées au transport automobile, suivi d’une révision en profondeur des dépenses fiscales les plus coûteuses et les plus inefficaces et du mode actuel de financement des caisses de Sécurité sociale. Dans une seconde étape, mais dont la préparation doit être immédiatement lancée, une nouvelle politique de financement du logement, une réforme du financement de l’enseignement supérieur et évidemment des instruments de l’aménagement économique des territoires apporteront des économies substantielles au budget. »[3]

La logique libérale voudrait que l’on procède ainsi. Mais si l’on doit renoncer à l’autoritarisme, sans renoncer à nos convictions égalitaires et prendre en compte l’acceptabilité des réformes, il faudrait procéder à l’inverse : les territoires d’abord, les politiques du logement et de la formation ensuite et enfin une politique des prix des produits énergétiques.

Mais j’en viens tout de suite au point qui risque d’échapper au débat que l’intervention du ministre peut probablement susciter si l’on veut réformer l’économie et le secteur. J’ai fait toute ma carrière professionnelle dans l’université. J’en suis sorti étudiant pour y enseigner, sans transition. J’ai fait partie de la direction du syndicat-Conseil National de l’Enseignement supérieur. En tant qu’enseignant-chercheur, j’ai longtemps privilégié la recherche, disons la réflexion plutôt, à laquelle j’ai soumis mon enseignement. Ma recherche y était cependant toute personnelle, je n’ai pas poursuivi une carrière normale, j’ai mis vingt ans pour soutenir mon magister, je ne suis pas allé au-delà et je n’ai donc pas délivré de titres de post graduation. Mes étudiants, pas souvent les meilleurs, sont devenus professeurs. Je n’ai pas pour autant négligé ma fonction d’enseignant. Je n’ai jamais exercé d’autre activité que celle d’enseignant universitaire. J’ai même pensé qu’il aurait fallu d’abord enseigner dans un lycée avant de pouvoir le faire à l’université. Je n’ai pas non plus songé « déserter » l’université. Tard, j’ai compris que nous avions une mentalité de fonctionnaires et pas de producteurs, mentalité commune chez les Anglo-saxons. Je m’étais fait une morale : accompagner la jeunesse. Je perdais de vue la question du niveau des étudiants au-dessus duquel j’avais plané pendant mes premières années. J’étais descendu lentement vers eux, mais il faut dire que je ne trouvais pas le bon niveau. Je terminais ma carrière sur le sentiment que j’avais beau ajuster mes offres, elles ne rencontraient de plus en plus qu’une demande : obtenir un diplôme et non un savoir … pour devenir un employé public. L’heure de la retraite étant venu, je décidais de la prendre pour m’adonner à la réflexion, il m’était devenu impossible de lui associer mon enseignement. Ceux qui avaient décroché beaucoup plus tôt se disaient souvent que l’université s’apparentait à une garderie d’adolescents. Mais nous n’avions que cette jeunesse avec qui partager. C’est cet attachement qui a justifié jusqu’à la fin mon activité. Je me demande ce que pourrait nous dire le ministre de son expérience professionnelle, de ce que sont devenus ses étudiants, lui qui fut recteur et professeur d’une grande école.

Quand j’arrive dans la faculté de sciences économiques à l’université Ferhat Abbas qui venait juste de démarrer, les sections arabophones du secondaire ne tardent pas à submerger les effectifs étudiants. L’enseignement de l’économie rejoint celui du droit et de la philosophie. Les étudiants demandaient pourquoi ils devraient étudier dans une langue qu’on ne leur avait pas apprise. Certains accusent l’arabisation de tous les maux. Je ne dirais pas cela. Mais je demanderais à quel savoir peuvent accéder des étudiants qui ne connaissent pas de langues étrangères ? Sur quel savoir accumulé dans leur langue pourraient-ils compter ? L’université n’allait pas pratiquer la sélection par l’échec comme dans l’université française, il aurait été massif si elle l’avait fait. Et c’est contre cette exclusion massive par l’échec que la masse des étudiants s’est prémunie. Les étudiants de médecine ont-ils rechigné à étudier dans une langue étrangère ? On ne leur avait pas demandé d’apprendre les langues étrangères dans les cycles moyen et secondaire et on ne le leur demandera pas à l’université. Ceux qui étaient avertis, l’on fait d’eux-mêmes. La Kabylie n’a pas suivi.

Étudier consiste en un droit qui permet aux étudiants de se détacher de leur milieu social pendant quelques années. On leur donnait une certaine autonomie sans leur donner de capacités (A. Sen). Cela me conduisait souvent à penser que ce n’était pas à l’université de les évaluer, mais à leurs employeurs. L’université devait seulement leur garantir un certain nombre d’années d’études. Sous prétexte de soutenir tous les étudiants, l’État laissait en fait à chacun le soin de se donner des capacités. Aux plus aisés en fait, car tous ne pourront pas faire un même usage de leur autonomie.

Apprendre n’était plus un combat social, comme il l’avait été pour les premières générations d’étudiants de souche modeste, et comme il aurait dû continuer à l’être dans une société émergente comme la nôtre. La majorité n’avait pas été instruite pour cela. La société est restée trop longtemps sur la croyance qu’elle pouvait abandonner l’éducation à l’État. Sa part la moins instruite et la moins exigeante. Mais comme on peut le constater, la fonction sociale (hôtellerie et transport) de l’enseignement supérieur absorbe toutes ses ressources. L’État ne pouvait pas se substituer à la société dans ce combat[4]. On peut même aller jusqu’à dire que ce fut une tromperie. L’État faisait en apparence une politique sociale et pas une politique de productivité. Certains peuvent dire que l’université aujourd’hui distribue des salaires plutôt qu’elle ne dispense du savoir. Pourquoi parler de niveau diront-ils ? Mais sur quelles bases s’effectuent les recrutements ? A-t-on vraiment désiré disposer de bons enseignants ? Ne s’est-on pas efforcé de les noyer ? Ceux-ci n’ont-ils pas préféré s’exiler ? Les accusera-t-on de désertion ? Qui le fera ? Ceux qui ont bien profité du système et qui peuvent envoyer leurs enfants parfaire leurs études à l’étranger ?

La légitimité de l’État algérien a largement reposé sur ce que l’on peut appeler sa légitimité d’exercice : les services publics de l’éducation et de la santé qu’il procure et qui seraient autrement inaccessibles à la majorité sociale. Sans cette légitimité d’exercice, la légitimité révolutionnaire se serait effondrée depuis longtemps. Pour qu’une autre politique que la démocratisation que nous avons connue puisse avoir lieu, il aurait fallu des autorités culturelles et scientifiques qui puissent faire la preuve de leur utilité sociale. À cette époque, nous avions besoin de la coopération étrangère pour faire fonctionner nos universités et nos écoles. Au lieu de les fermer ou de les réserver à une élite, l’État a préféré les ouvrir largement aux dépens de la qualité de l’enseignement. Pour que le savoir puisse se diffuser dans la société, produire ce que les économistes appellent ses externalités positives, il aurait fallu tenir compte du niveau général de la société, de son savoir réel et de ses autorités réelles. Il aurait fallu regarder autrement la société : c’est son savoir qu’il aurait fallu améliorer et non pas raser. Mais on a préféré sauter par-dessus tout cela. Ce n’est pas les capacités de la société qu’il s’agissait de former, mais celles de l’État et des entreprises modernes. Sur un modèle qui ne diffusera pas de savoir. À l’étatisation succédera une privatisation rampante, illicite et non une privatisation consentie respectueuse de la propriété collective. Les cadres des entreprises publiques qui ont appris leur métier des étrangers (entreprises étrangères nationalisées) ou sur des entreprises clés en main (entreprises nouvellement créées) ne pourront pas faire de leur apprentissage œuvre sociale utile. Ils sont pour la plupart aujourd’hui à la casse, comme l’ont été beaucoup de leurs entreprises.

Pour que la société puisse accumuler du savoir, le vrai capital, il aurait fallu qu’elle puisse expérimenter, approfondir son savoir, s’incorporer le savoir étranger utile. C’est cette règle-là que nous n’avons pas appliquée. Nous allons transformer le socialisme capitalisme d’État en antichambre du capitalisme tout court si la société n’y prend pas garde. Il faut aujourd’hui compter sur ses réflexes comme aux premiers jours de l’indépendance avec l’autogestion, pour ne pas y aller.

C’est toute la société qui expérimente le changement et en accumule un savoir. Les laboratoires scientifiques ne sont qu’une pointe avancée de cette expérimentation. Sans une telle expérimentation sociale, l’offre des laboratoires n’irait pas au bénéfice de toute la société. Et leur ampleur serait bien réduite si elle ne devait répondre qu’à quelques grandes entreprises. Offre et demande de savoir s’ajustent nécessairement. Si l’on ne répond pas à la demande d’expérimentation sociale, si l’on néglige la demande sociale de savoir et si l’on se réfère à une offre de savoir standard, offre standard exogène, on ne pourra l’adresser qu’à la demande des plus riches qui pourront aller achever leur formation à l’étranger. Au retour, les étudiants ayant parfait leur formation à l’étranger ne trouveront pas d’emploi digne. Pour valider la qualité de leur savoir, ils devront repartir. Le diplôme d’État est une monnaie qui ne peut pas sortir du cercle de l’État rentier, il ne vaut pas un sou en dehors, car il ne s’appuie pas sur des autorités scientifiques et ne sanctionne pas une expérimentation sociale. Il donne accès à des emplois publics ordinaires, ce par quoi l’Etat tient les plus pauvres. Excepté certaines écoles qui fourniront les universités et laboratoires étrangers ou la grande bureaucratie d’État.

Le diplôme d’État a effacé avec succès l’autorité scientifique au lieu de la valider, il la remplace toujours, grâce à l’emploi public qui ne requiert pas de savoirs spécifiques, mais la seule aptitude à apprendre sur le tas un certain nombre de routines. Ce n’est pas la formation sur le tas, comme je l’ai appelé au cours de ma réflexion en tant que syndicaliste[5], qui est en cause, mais le fait que cette formation ne repose pas sur une expérimentation sociale. On peut constater que l’emploi privé se passe allègrement de l’université. Le LMD, encore une réforme importée pour qu’on n’ait pas l’air de faire monde à part, dans ses pays d’origine, avait pour objectif d’ajuster l’offre et la demande, la formation et le marché du travail. Elle est inapplicable chez nous, la demande de savoir du marché du travail n’étant plus consistante pour déterminer une politique de la formation. Nous faisons alors de ce que nous importons ce que nous pouvons, comme pour le reste de nos importations, car les intérêts des importateurs ne recouvrent pas ceux de la société. Nos entreprises et institutions en général n’ont pas servi à diffuser le savoir dans la société, comment peut-il y avoir d’accumulation ?  Quel niveau doivent avoir alors nos enseignants universitaires ? Celui qu’exige leur fonction réelle et non pas celle théorique des standards internationaux, Mr le ministre. Ils n’ont pas inventé l’université et la fonction qui lui est fixée, ni formulé la politique qui lui a été attribuée, ils s’autorecrutent c’est vrai, mais de quelle manière, comme dans tous les autres secteurs. Le problème de l’université n’est pas interne d’abord, il est externe. Je doute que Mr le ministre ait une vision claire de ce vers quoi il veut nous conduire.  

Nous avons substitué l’égalitarisme à une politique égalitaire en ne tenant pas compte des nécessités de l’accumulation du savoir : des autorités scientifiques et une société innovante. Il aurait fallu répondre aux différentes demandes sociales afin que chacun puisse investir dans le savoir. Afin que l’éducation devienne à l’image de certains pays asiatiques une véritable valeur sociale. Il aurait fallu tenir compte de la capacité d’absorption de savoir par la société et des modalités de diffusion du savoir de sorte que la productivité sociale puisse s’élever. Il aurait fallu aligner dès le départ le revenu et le coût de l’enseignement. L’État au lieu d’investir à fonds perdu aurait dû prêter aux ménages ou soutenir un certain nombre d’entre eux afin qu’ils assurent un revenu futur supérieur au coût de leurs études et non pour qu’ils végètent dans l’assistance. Il aurait fallu investir davantage dans les premiers cycles pour que les familles défavorisées puissent avoir une égalité de chances avec les autres pour accéder au supérieur où il pourrait alors bénéficier de bourses. Aujourd’hui nous avons réduit les chances des moins nantis : « l’enseignement supérieur, notamment la fonction hôtelière en son sein, consomme une part de plus en plus importante des ressources au détriment de la qualité de l’éducation de base et du secondaire. L’étudiant a bousculé l’élève. »[6]

À quoi donc peut servir un ministère de l’enseignement supérieur ? L’on répondra ici à fabriquer du consensus politique autour de l’enseignement supérieur ou à agiter des polémiques pour diviser les opposants de la réforme libérale. Car il faut dire que ce n’est pas vraiment lui qui peut formuler des politiques de formation qui viseraient au plein emploi des ressources, à une efficacité et une équité sociales.

Selon le Pr Benachenhou, « le renforcement de l’employabilité des primodemandeurs d’emploi est urgent. Les entreprises et les ménages se plaignent actuellement de ne pas trouver de main-d’œuvre quand ils ont besoin de personnels qualifiés. La plupart des diplômés de l’enseignement supérieur n’ont tout simplement pas les profils recherchés par les employeurs. La relation formation-emploi est très insuffisante. L’architecture globale du système d’éducation-formation et son mode de gouvernance doivent être revus dans cette perspective. »[7]

Sur quelles bases le ministère pourrait-il identifier la demande sociale en matière de formation ? Quelle offre pourrait-il formuler ?  L’importer comme d’habitude ? Si l’on ne veut pas promouvoir une politique libérale en faveur des riches pour qu’ils puissent se former selon les standards internationaux, si l’on peut renoncer à l’égalitarisme et pas à une doctrine égalitaire, les politiques de formation doivent être le fait des centres d’accumulation et de diffusion du savoir, autrement dit des régions et des universités. Elles seules peuvent établir une relation formation-emploi précise tenant compte de l’ensemble des capacités de la région dans une perspective de plein emploi[8] et d’amélioration de la productivité sociale. Le partenaire de l’État doit être la région. La région établissant sa politique de formation, d’élévation de sa productivité et sa politique de distribution du revenu. L’Etat n’étant que le prolongement de la société[9], rendant possible la coordination, la mise en cohérence stratégique et économique des différentes politiques régionales. La région est seule capable de dire ce qu’elle peut produire, comment elle doit le faire pour répartir son revenu entre les différentes catégories sociales, si elle veut qu’un processus d’accumulation puisse se mettre en action et avec quelle répartition équitable du revenu. Seule la région peut mettre en adéquation production et répartition, elle seule peut faire adopter une division du travail qui tienne compte de ses capacités humaines, de ses ressources matérielles et de ses ambitions. Elle seule peut demander l’effort collectif qu’exige une politique d’accumulation. Elle seule est le cadre dans lequel les citoyens peuvent mesurer le résultat de leurs efforts collectifs. On ne peut pas espérer que les citoyens puissent délivrer le considérable effort collectif qu’exige la situation s’ils ne peuvent pas en mesurer et accepter le résultat. On ne peut pas espérer autrement vaincre la paupérisation qui risque de les affecter si un processus d’accumulation intense n’est pas mis en œuvre. Elle seule peut barrer la route à un libéralisme sauvage ou autoritaire ainsi qu’à toute dictature qui lamineraient et appauvriraient les classes moyennes.


[1] Les enseignants universitaires que représente le CNES se sentent touchés dans leur dignité suite aux propos suivants tenus par le ministre de l’Enseignement supérieur lors de son passage devant les Sénateurs du Conseil de la nation : « Le grand désastre, à titre illustratif, on a créé des universités. Mais c’est quoi la moyenne des enseignants ? Zéro. Qu’est-ce que cela signifie, que le niveau est nul ».  

[2] Selon l’ancien ministre des Finances Abdellatif Benachenhou, une réflexion sérieuse doit être engagée sur les limites du financement actuel de l’enseignement supérieur. Les dépenses de logement et de l’enseignement supérieur étant celles qui nécessitent le plus des actions de ciblage en raison de leur poids budgétaire devenu de plus en plus lourd. In « Sortir de la crise », pp. 223 et 224.

[3] Abdellatif Benachenhou, Ibid.. Sortir des subventions en protégeant les plus fragiles, p. 205

[4] Abdellatif Benachenhou préconise la limitation progressive de la fonction hôtelière de l’enseignement supérieur au profit d’une politique ambitieuse de bourses et de prêts aux étudiants dans le besoin. Cit. op. p. 207. Notons que la Chine communiste a mis fin à la gratuité de l’enseignement universitaire et la garantie d’emploi post-université au milieu des années 1990.

[5] Vers quelle cohérence et quelle différenciation du système de l’enseignement supérieur ? Cahiers du CREAD n°77/2006.  https://www.asjp.cerist.dz/en/article/9537

[6] A. Benachenhou, ibid. p. 220.

[7] A. Benachenhou ibid. Section 4 : La formation pour l’emploi, p. 268

[8] Voir notre article « la tragédie de la propriété privée » le QO 06.02.2020.

[9] Voir notre article « L’intégration nationale a besoin de patriotisme économique », le QO du 20.02.2020.

(*) Enseignant chercheur en retraite, Faculté des Sciences économiques, Université Ferhat Abbas Sétif , ancien député du Front des Forces Socialistes (2012-2017), Béjaia.