Lord Richard Risby, envoyé du Premier ministre britannique pour les affaires économiques et commerciales avec l’Algérie, qui est à sa 17ème visite à Alger, est confiant.

« Nous avons quitté l’Union Européenne, un nouveau gouvernement s’installe en Algérie. Nous sommes en train de voir des changements qui seront plus significatifs les prochains mois. Nous cherchons donc à développer nos relations bilatérales qui ont toujours été excellentes. Notre ambition est d’avoir un partenariat gagnant-gagnant avec l’Algérie. Etape par étape, nous allons construire des relations bilatérales solides», a-t-il déclaré, ce jeudi 27 février 2020, lors d’une conférence de presse, au siège de l’ambassade du Royaume Uni à Alger, à la fin d’une visite de trois jours. Il a évoqué la venue cette semaine, à Alger, d’une délégation d’hommes d’affaires.

« C’est la plus grande mission d’affaire britannique qui se déplace en Algérie. Nous avons tenu des discussions sur l’investissement dans au moins onze secteurs d’activité diversifiés. C’est un nouveau départ dans nos relations. Un membre du gouvernement britannique viendra bientôt à Alger pour aborder les relations économiques et commerciales», a-t-il précisé.

Il a annoncé la visite, en avril prochain, à Londres du ministre algérien chargé des Start ups et des micro entreprises. Il sera à la tête d’une délégation de chefs d’entreprises et de Start ups pour étudier l’expérience britannique en la matière. « Le changement technologique est la clef de la réussite. Il y a des jeunes algériens qui sont prêts pour ce changement. Ils peuvent s’inspirer du modèle britannique. Nous sommes prêts de partager cette expérience avec l’Algérie », a-t-il appuyé.

Faire connaître « les possibilités » d’investissement.

Lord Richard Risby a annoncé également la tenue en novembre 2020 à Glasgow (Ecosse) de la Cop 26, conférence mondiale sur les changements climatiques en souhaitant « une participation active » de l’Algérie à cette conférence : « Une opportunité pour étudier les possibilités de diversifier les sources d’énergie et de régler les problèmes liés à l’environnement ». Londres propose son expertise « olympique » à l’Algérie pour l’organisation des Jeux Méditerranéens, prévus à Oran en 2021. Pour la relance des investissements, Lord Richard Risby a estimé que les solutions résident chez le secteur privé.

« Le gouvernement à la responsabilité de créer un cadre de règlementation et de fiscalité pour faciliter les affaires en Algérie. Il y a un potentiel énorme en Algérie. Les sociétés britanniques sont riches, ne cherchent que les opportunités intéressantes pour investir », a-t-il relevé en insistant sur la volonté de donner « un nouveau souffle » aux relations avec l’Algérie. Il a reconnu que les investissements britanniques en Algérie sont concentrés sur le domaine des hydrocarbures. « Mon rôle est de faire valoir les opportunités économiques et commerciales qui existent en Algérie auprès de compagnies britanniques pour qu’elles connaissaient les possibilités d’investissement », a-t-il confié.

« Il y a des gens qui n’aiment pas les accords signés avec l’UE »

L’Algérie a, selon lui, un énorme potentiel touristique qu’elle doit faire connaître notamment à travers la promotion dans les médias. « Cela peut également être attractif pour les hommes d’affaires. Nous sommes en train d’étudier les possibilités de faciliter le mouvement des personnes entre les deux pays », a-t-il appuyé. Il est revenu sur le sommet Royaume Uni-Afrique sur l’investissement, qui s’est tenu à Londres en janvier 2020, avec la présence de plus de 2000 participants.

«Une forte délégation algérienne y était présente. Deux séances sur l’investissement et le développement technologique ont été consacrées à l’Algérie. Une centaine de personnes y ont assisté. C’était le seul pays africain qui a eu un tel suivi », a-t-il rappelé. Il a parlé de la possibilité de soutiens aux compagnies britanniques voulant investir en Algérie par l’UK Export Finance, un organisme spécialisé activant à travers les missions commerciales dans les ambassades.

Lord Richard Risby a abordé la question du Brexit en précisant que durant l’année de transition, qui suit la sortie officielle de l’Union européenne, la Grande Bretagne peut, en tant que pays indépendant, recadrer ses relations.

«Nous allons expliquer à nos partenaires algériens ce processus et entamer des négociations pour élargir nos relations.

Au sein de l’UE, notre champ de manœuvre était limité par rapport à comment et à quand nous devons avoir des relations bilatérales avec d’autres. Maintenant qu’on ne fait plus partie de l’UE, libre à nous de décider de la façon avec laquelle, nous allons avoir des relations avec nos partenaires. Il y a des gens qui n’aiment pas les accords signés avec l’UE. C’est donc une opportunité pour nous d’intégrer des marchés et de négocier de nouveaux accords, maintenant qu’on n’est plus membre de cette union. Nous avons désormais la liberté et la flexibilité d’agir avec nos partenaires.Nous allons signer des contrats avec nos partenaires comme bon nous semble », a-t-il expliqué. Selon Lord Richard Risby, les algériens ont un immense désir d’apprendre la langue anglaise.

« Nous sommes prêts et motivés à faire tout le travail qu’il faut pour essayer d’élargir cette opportunités d’apprendre la langue anglaise ici en Algérie », a-t-il soutenu.