C’est pratiquement un verdict en l’absence de la principale concernée. Deux mois de prison ferme et 200 000 DA d’amende. La sentence n’est pas exécutoire. Dr Amira Bouraoui dispose d’une dizaine de jours pour faire appel.

La genèse de cette affaire remonte à octobre 2018, quand Anis Rahmani, le sulfureux patron d’EnnahatTV faisait la pluie et le beau temps dans les cours de justice. Il avait réussi à embastiller des journalistes, des comédiens, des chanteurs et un sportif dans l’affaire connue sous le nom du «Réseau Amir DZ». Dr Amira Bouraoui qui avait pris fait et cause pour Amir DZ, a suscité l’ire d’Anis Rahmani qui avait déposé pas moins de cinq plaintes contre elle pour diffamation et atteinte à la dignité de sa famille, notamment de son père, au centre d’une vaste polémique sur son passé durant la guerre de libération nationale.

A l’époque, Dr Amira Bouraoui lui avait rétorqué: « Anis Rahmani vous déposez plainte contre moi ? Je vais vous foudroyer avec ce que vous avez écrit contre moi en 2014 et qui a causé la maladie de mes parents »

Avec la remise en liberté des protagonistes de cette affaire, l’avènement du Hirak et plus tard, la chute d’Anis Rahmani et sa mise en détention préventive dans la nuit du 13 au 14 février 2020, on croyait cette affaire classée mais apparemment pas. Même en prison, Anis Rahmani continue à nuire.

Plus inquiétant que cette décision de justice, qui pourrait trouver une issue heureuse, une fois prise en charge par les avocats, la convocation reçue au second jour de l’Aïd et émanant des services de police de la cybercriminalité. Quand on connaît la teneur des dernières dispositions pénales adoptées récemment et la nature des interpellations d’activistes du Hirak, souvent incriminés pour des posts facebook vieux de quelques mois, on est en droit de se poser des questions. Une chose est sûre, la chasse aux voix discordantes et contraire à la bien-pensance du moment se poursuit, à la veille d’un dé-confinement, longuement retardé, mais inévitable. Tout comme le retour du Hirak…